« Le décret rendu public ne correspond pas à ce que la classe politique à travers le G58 avait demandé » (A. Bah)
La création d’un Cadre de concertation par le Colonel Doumbouya et ses camarades du CNRD ne répond pas à la demande de dialogue formulée par la classe politique représentative. Réunis au siégé de l’UFDG, ce groupe de 58 partis politiques les plus importants du pays, par la voix de son porte-parole, Aliou Bah du MoDel a informé que « le décret rendu public ne correspond pas à ce que la classe politique à travers le G58 avait demandé« .
Il a indiqué qu’ils ont relevé des « insuffisances » dans le décret du colonel Mamadi Doumbouya, portant création du Cadre, en soulignant qu’au « lieu d’avoir un cadre de dialogue politique, qui concerne les acteurs politiques et le CNRD avec la présence d’un médiateur international et également la participation des partenaires techniques et financiers, le décret nous annonce un cadre de concertation (…) Nous nous sommes réunis pour examiner le décret relatif à la création d’un cadre permanant de dialogue. Il se trouve que ce cadre a été exprimé sous forme de demande à notre niveau mais le décret rendu public ne correspond pas à ce que la classe politique à travers le G58 avait demandé« .
Poursuivant, Aliou Bah a dit sa surprise, qui est celle de nombreux observateurs, du nombre de coalitions. « En Guinée, nous connaissons les coalitions qui existent mais le décret mentionne clairement 20 coalitions. Nous avons exprimé notre surprise par rapport à cette information. Ce qui constitue l’une des insuffisances (…) il y a un manque de clarifications sur les partenaires techniques et financiers. Il se trouve qu’habituellement, nous connaissons le groupe des G5 qui réunit des institutions et des ambassades qui ont l’habitude d’accompagner la Guinée dans les processus électoraux et politiques. Le manque de clarifications sur les partenaires techniques et financiers suscite en nous des interrogations« .
Le président du MoDel fait constater que « ce cadre dialogue tel qu’il a été annoncé dans le décret ne correspond pas à ce que nous avons demandé, ni à l’intérêt d’une transition qui se voudrait être un retour à l’ordre constitutionnel » en indiquant que « le G58 s’engage à produire un rapport et une déclaration pour faire part de nos observations critiques et réitère ce que nous avons demandé dans le cadre des différentes rencontres qu’il y a eues« .
Aliou Bah : « … les questions à évacuer sont essentiellement politiques et concernent les partis politiques, le CNRD, le gouvernement avec la présence des partenaires au développement« .
Il a terminé son propos en rappelant que lors de la rencontre entre le ministre Mory Condé de l’Administration du territoire et les coalitions politiques, celui-ci « avait posé la question de savoir quel type de dialogue voulons-nous. Nos réponses ont été très claires et nous lui avions dit que nous voulons un dialogue politique. Parce que les questions à évacuer sont essentiellement politiques et concernent les partis politiques, le CNRD, le gouvernement avec la présence des partenaires au développement« .

Pour sa part, Dr Makalé Traoré Présidente du PACT, membre du Comité national des assises estime que « ce cadre de dialogue est demandé depuis des mois. Je pense que le mettre en place est un argument supplémentaire pour arriver à l’inclusivité que nous recherchons tous (…). Même s’il n’y a pas tout ce qu’ils (G 58, ndlr) souhaitaient, notamment un facilitateur étranger. Je pense que si on demande une chose, on n’a pas toujours la totalité de ce qu’on demande« .
Elle croit que « ce cadre (…) peut contribuer à accompagner la transition avec des propositions concrètes » et qu’être « absent à ce cadre de concertation ne me semble pas raisonnable. Je pense qu’il y a une opportunité qu’il faut saisir parce qu’il faut avancer. Notre pays ne peut pas rester comme ça. Il y a une main tendue. Il faut que les politiques acceptent de venir discuter, faire leurs propositions autour de la table pour qu’on ait un esprit constructif« .
Pour un responsable du G 58, « nous avons accompagné le CNRD et avons fait différentes propositions. Suite aux journées de concertations, nous avons soumis des mémorandums. Qu’en ont-ils fait ? Sans notre soutien, les forces spéciales n’auraient pas réussi leur coup d’État. Partout nous avons demandé que les nouvelles autorités soient soutenues. Maintenant qu’elles sont convaincues d’avoir le contrôle de la situation, elles n’écoutent que les mains noires. Mais Alpha Condé était sûr d’avoir le contrôle… où est-il aujourd’hui ? Dieu est là et rien ne peut lui résister« .
Oumou BAH
Les propos de Dr. Makalé Traoré ont été compilés par visionguinee.info
