Diomaye Faye et Ousmane Sonko: du duo à vie au duel à mort?
Alors que le tout Sénégal bruissait encore des échos du «tera meeting» organisé le 8 novembre par le parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef, pouvoir), la nouvelle est tombée depuis le palais présidentiel, ce mardi: Aïssatou Mbodj, qui tenait la barre de la coalition présidentielle est débarquée de son poste.
Ainsi en a décidé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a aussitôt nommé, à la place de la proche de Ousmane Sonko, son Premier ministre, sa conseillère spéciale à lui, Aminata Touré, qui a été la coordinatrice de sa campagne électorale en 2024. Une décision aussitôt contestée par le Pastef et son leader, Ousmane Sonko qui, visiblement continue de saisir toutes les opportunités pour défier, celui à qui il rappelle toujours qu’il lui doit le fauteuil présidentiel. Ce fut déjà le cas lorsque, sans gant, le Premier ministre avait dénoncé un manque d’autorité de celui que tous considérait comme son alter-égo, en oubliant que l’égo surdimensionné d’Ousmane Sonko ne pouvait le maintenir dans les liens de second du chef!
Sentant sûrement ce limogeage venir, et comme pour devancer les choses, Ousmane Sonko avait déclaré qu’aucun changement n’était possible à la tête de la coalition. C’était lors du grand tocsin qu’il avait sonné trois jours plus tôt, pour, a-t-il dit remobiliser les rangs au sein du Pastef, mais qui constituait en réalité l’occasion pour lui de montrer qu’il demeurait le seul capitaine du navire «rouge et vert». La claque était trop violente et risquait de faire tomber comme château de cartes, la réputation de «grand sachem» du Pastef que s’est taillée et consolide le Premier ministre, tentant, du coup, de réduire au statut de faire-valoir, le président Bassirou Diomaye Faye.
Certes, le boycott de la présidentielle de 2024 aurait porté un lourd préjudice au Pastef, dissout à l’époque par le régime Macky Sall et ses leaders embastillés. Certes, Ousmane Sonko a eu le nez creux en désignant Bassirou Diomaye Faye comme plan B à la présidentielle. Certes, l’avenir a donné raison à celui qui est aujourd’hui Premier ministre alors qu’il était dans les filets de la justice de son pays pour plusieurs affaires, dont la plus emblématique fut celle dite «Adji Sarr» du nom d’une ancienne employée de salon de beauté qui a accusé Ousmane Sonko de viol. Finalement, ce dernier a été condamné à deux ans de prison pour «corruption de la jeunesse». Certes, le charisme de Ousmane Sonko est indéniable, lui que l’ancien président sénégalais Macky Sall a fini par rendre populaire en le persécutant. Mais, aujourd’hui, le président du Sénégal s’appelle Bassirou Diomaye Faye et les destinées du pays sont entre ses mains. De ce fait, même si Ousmane Sonko semble déjà fatigué de jouer les seconds rôles, et manifeste des signes ostensibles du grand vizir Iznogoud qui voulait, contre vents et marées, devenir calife à la place du calife, il doit apprendre à ronger son frein.
Comme le disait l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, il y a un fauteuil présidentiel, donc institué pour être occupé par une seule personne! C’aurait été un banc présidentiel qu’Ousmane Sonko y aurait trouvé place également! Le Premier ministre sénégalais gagnerait, alors, à mettre de l’eau dans son bissap et attendre son heure! Comme le dit l’adage, «chacun à son tour chez le coiffeur». Et, ainsi, les vaches seront bien gardées! En plus de la plus grosse «dette cachée de l’histoire», qu’il traîne par la faute de l’ancien pouvoir, le Sénégal n’a pas besoin de s’ouvrir un autre front, qui plus est à son sommet!
Par Wakat Séra

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