Madagascar: quand la route de Paris passe par Moscou!
Après sa visite officielle, en Russie, la première, suite à sa prise de pouvoir, après plus d’un mois de manifestations, le président de la Refondation malgache est attendu à Paris, ce mardi 24 février pour une «visite de travail» à son homologue français Emmanuel Macron. C’est le contraire qui aurait pu être observé, si la Gen-Z n’avait provoqué un nouvel ordre politique à Madagascar.
En moins dix jours, le colonel Michaël Randrianirina aura serré les mains de deux présidents de la République qui sont loin de partager la même vision de la gouvernance et de la diplomatie. Car il y a bel et bien de la friture sur la ligne entre le Kremlin et l’Elysée. L’invasion de l’Ukraine par la Russie et surtout l’offensive militaro-économique poussée, menée par Vladimir Poutine sur l’Afrique, notamment sur les anciennes colonies françaises, longtemps chasse-gardée de la France, sont passées par là. Et c’est pratiquement en chiens de faïence que le coq gaulois et l’ours russe se regardent, se rendant coup pour coup sur le terrain de la diplomatie internationale.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres et l’ennemi de l’ami pouvant être un ami, Antananarivo, entrée dans une nouvelle ère politique dont le rythme a été dicté par la Gen-Z, et soucieuse de diversifier son répertoire de partenaires, n’a trouvé aucun mal à déjeuner à Moscou et prendre le dessert à Paris, sa table historique. Le nouvel homme fort de Tana a donc, visiblement, fait le choix de mettre ses œufs sécuritaires dans le panier russe, gardant tout de même, ceux de la coopération classique dans le plateau français.
Ce qui n’est pas sans susciter des interrogations auprès de la société civile malgache, notamment le Collectif des citoyens et la Gen-Z qui, après avoir joué les premiers rôles dans le départ forcé de l’ancien président, Andry Rajoelina suivi de son exfiltration le 12 octobre 2025 par les soins de la France, entendent demeurer des vigies du changement. Ces mouvements qui n’ont pas baissé la garde, hostiles à tout retour de l’ancien ordre dans le pays, semblent ne pas être sur la même longueur d’onde que le nouveau maître des lieux, et ont du mal à cerner les enjeux de cette visite annoncée sur les bords de la Seine ce mercredi.
Les acteurs du changement craignent-ils une reprise en main de Paris sur la Grande Île Rouge, après l’épisode du statut de territoire d’Outre-mer de Madagascar en 1946? La nationalité française du président Andry Rajoelina, chassé du palais par la grogne de la Gen-Z, a-t-elle un lien avec cette attitude d’incompréhension à l’endroit du séjour du colonel Michaël Randrianirina en France? Le sentiment anti-français observé dans bien de pays africains est-il sur le point de s’enkyster à Madagascar? Ce qui semble tout de même certain, c’est l’intervention internationale dont le pays a besoin suite aux cyclones qui le frappent régulièrement, dont Gezani, le dernier en date qui, en touchant Tamatave, la deuxième grande ville de l’île, a provoqué plus de 60 morts, 35 000 déplacés, 25 000 habitations et plus de 750 salles de classe détruites, et 382 000 personnes ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence.
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