Contre La sansure

« NOUS DEVONS ÉCRIRE UNE CONSTITUTION QUI NE SERA PAS FACILEMENT MODIFIABLE PAR LES POUVOIRS CONSTITUÉS ». (PDT DU CNT (*)

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À la session inaugurale du Conseil national de la Transition (C.N.T.), samedi dernier, 5 septembre, Dr. Dansa Kourouma, son controversé président, a estimé que « le changement radical des mécanismes qui amènent les élites au pouvoir et qui leur permettent de s’y maintenir quasi indéfiniment doit être définitivement résolu » et invité ses collègues à « écrire une constitution qui ne sera pas facilement modifiable par les pouvoirs constitués« . 

« L’entrée en fonction de ce Conseil National de la Transition se fait à un moment où les guinéens se regardent et s’interrogent sur l’avenir du pays vers lequel ils se projettent. Car les guinéens veulent croire, ils veulent espérer, ils veulent rêver ; malgré les vicissitudes de l’histoire récente de notre nation, qui les pousse au scepticisme et au doute. En effet, ils ont pris l’habitude de trébucher douloureusement sur des obstacles dressés inutilement sur leur chemin par ceux qui avaient été investis de la charge de les conduire vers le bonheur.

« Ces dernières années, le peuple éreinté, lassé de manifester, sans succès, excédé face à un exercice révoltant de la puissance publique, s’était fléchi à observer, souffrant en silence, face à une autocratie rampante, qui étouffait, dans ses tentacules, tout espoir de bien-être, de respect des libertés individuelles et publiques.

« En effet, à tous les niveaux de la vie nationale, la déliquescence de l’Etat obstruait toute progression vers l’éradication de la pauvreté, de l’indigence dans la perspective d’un développement durable.

« Les espoirs suscités par les élections pluralistes se sont vite estompés, cédant imparablement sous les assauts répétés d’un système incapable de prendre ses responsabilités, sourd aux cris de détresse d’un peuple pourtant vaillant, qui lui a, en toute confiance, délégué le privilège de diriger son destin, se gaussant des atermoiements du citoyen.

« Sur le plan économique, l’annonce ou l’espérance d’une croissance économique ne s’est pas toujours accompagnée d’une transparente et équitable répartition du revenu ou du patrimoine national. Notre économie agonisant sous la corruption et les mauvais choix politiques ne parvient pas à créer la richesse et la prospérité qui en découle.

« Cette posture morale n’a jamais été une préoccupation des tenants du régime.

« L’exploitation des fabuleuses richesses minières n’a jamais profité aux guinéens. Les revenus tirés des diverses ressources naturelles et humaines n’ont point servi de tremplin au développement : pas d’eau potable dans un pays où la distance moyenne entre deux fleuves, entre deux rivières, entre deux ruisseaux est insignifiante. Aussi, l’électricité reste-t-elle encore précaire dans le pays dit « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ». Pas d’infrastructures routières compétitives !

« Disposant de plaines fertiles et de bas-fonds innombrables, avec une main-d’œuvre considérable, les populations guinéennes n’en ont tiré aucun bénéfice à cause d’une politique agricole des plus aléatoires et infécondes.

« Dans ce pays aux ressources naturelles inestimables, l’observateur peinerait à comprendre la persistance de la disette qui sévit partout, particulièrement en période de soudure.

« D’autre part, l’exploitation minière n’a eu aucun impact positif sur la vie des ménages guinéens.

« A l’environnement rageusement balafré dans les zones minières, s’ajoute la pollution des rivières et des fleuves, rendant plus sévère la perturbation de la vie des communautés rurales.

Mesdames et Messieurs les Conseillers

« Au cours de la Décennie 2011-2021, le peuple de Guinée a vécu des moments douloureux, parce que des milliers de personnes ont perdu la vie, d’autres leur liberté, d’autres encore leurs biens, assistant impuissants à leur destruction.

« Comme si cela ne pouvait suffire, la COVID s’est abattue sur nous, endeuillant, elle aussi, de nombreuses familles. Mais on a, jusqu’ici, surmonté toutes les épreuves, les unes après les autres, avec abnégation, persévérance et courage.

« C’est une autre occasion solennelle de m’incliner pieusement devant la mémoire des victimes, toutes les victimes tombées dans la marche de notre pays pour sa dignité et la démocratie.

« Tous les guinéens, toutes les guinéennes surtout, même dans la division et l’incertitude ont travaillé sans relâche avec l’espoir de bâtir une croissance plus forte, capable de féconder une économie émergente.

« L’espoir et, aussi, les promesses mirobolantes ont fait accepter la situation délétère qui s’est peu à peu installée, freinant la réalisation des opportunités exceptionnelles, dont la République de Guinée est providentiellement dotée par Dieu.

« Le 05 Septembre, dès l’aurore, des éclats de coups feu annoncent une aube de mutation profonde, elle-même annonciatrice de la volonté de réparer ce qui est brisé, de rénover ce qui est usé, de faire valoir ces opportunités exceptionnelles, pour notre avenir, que recèlent nos immenses richesses naturelles et nos incommensurables potentialités.

« Le 05 septembre a donné la preuve que notre unique adversaire demeure la peur, la peur du changement. Cette date doit nous enseigner que le danger qui nous guette est l’immobilisme, le doute, la résignation et l’inaction.

« Suite à l’avènement du CNRD au pouvoir, les populations ont exprimé leurs vœux ardents de changement, ce qui a trouvé écho dans les cinq valeurs prônées par le CNRD notamment la refondation de l’État, la rectification Institutionnelle, et surtout faire de la justice la boussole qui oriente les actions à la fois de l’administration et des administrés.

« A cet égard, je pus m’empêcher de témoigner ma grande admiration aux forces de défense et de sécurité réunies au sein du CNRD et à son Président pour le sacrifice qu’ils ont fait de leurs personnes pour le mieux-être du peuple de Guinée et saluer ce brave peuple pour son courage et sa détermination à s’assumer et à assumer son histoire dans un monde de plus en plus contraignant.

 

Dansa Kourouma et ses camarades sauront-ils oeuvrer pour une transition normale, sans céder aux pressions des mains noires du MATD et de l’entourage du CNRD ?

« C’est pour moi une occasion opportune de rappeler ce passage du discours du Colonel Mamadi DOUMBOUYA devant les forces vives de la nation, je cite « Lorsque nous avons décidé de prendre nos responsabilités, le premier principe que nous nous sommes imposés c’est de ne pas répéter les mêmes erreurs du passé ». fin de citation. Ce principe fondamental doit désormais guider la conduite de chaque guinéenne et guinéen afin d’amorcer la rectification institutionnelle, la refondation de l’État, le rassemblement de tous les Guinéens et le repositionnement de la Guinée sur l’échiquier international.

« La présente transition doit nous convaincre qu’elle ouvre le temps, pour toutes les franges des populations guinéennes, de se projeter dans l’avenir, un avenir de liberté pour tous, sans discrimination, ni exclusive.

« Il s’agit d’une nouvelle ère qui nous donne la possibilité d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre cher pays la Guinée, pays de la résistance africaine, des valeureux Almamys, des martyrs de la liberté et de la démocratie, des guinéennes et des guinéens morts au champ d’honneur durant ces dernières décennies. Nos pensées vont à eux aujourd’hui et nous nous inclinons devant leur mémoire« .

Ce CNT est-il, comme le dit son président « une des voix forte et légitime du peuple, qui donnera la garantie démocratique, faisant foi aux convictions que nous incarnons et à l’espoir de bâtir une Guinée meilleure… ? ».

Pour un commentateur, « Dansa Kourouma et la majorité des conseillers devront démontrer qu’ils travaillent pour la Guinée et les Guinéens et non pour le CNRD et ses mains noires ; qu’ils combattront efficacement l’ethnocentrisme et le régionalisme pour que la démocratie triomphe dans notre pays. Il faut des lois qui permettront la Décentralisation et qui feront que les ressortissants d’aucune des différentes régions administratives du pays n’occupe plus de 15 pour cent des postes dans le gouvernement, les états majors de l’Armée et des forces paramilitaires, des entreprises d’États, etc…« .

BREHIM OULD MAHMOUD

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