Contre La sansure

« ATTENDONS DE VOIR LA LOI SUPRÊME QUI VA ENCADRER NOTRE PROCESSUS DÉMOCRATIQUE ». (O. G. DIALLO)

0

Au moment où Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et de l’ANAD, terminait sa conférence de presse pour parler, preuves à l’appui, de la légalité de l’acquisition de la maison que l’État lui demande de quitter au plus tard le 28 février prochain, son ancien conseiller politique, Ousmane Gaoual Diallo, devenu ministre du gouvernement de transition était l’invité de la Télévision d’État.

Sur le plateau de ce média, Ousmane Gaoual Diallo a souligné qu’il « faut éviter de personnaliser, c’est vrai ce sont des personnalités politiques médiatiquement exposées, mais au-delà de ces personnes, il y a de nombreuses familles qui sont aussi concernées. Cette deuxième phase concerne plus de quatre-vingt personnes (des familles et des institutions internationales), donc il ne faut pas personnaliser, parce que dès qu’on rentre dans la personnalisation, on s’éloigne de l’esprit« .

Il a indiqué qu’il « faut faire attention à cela […] Nous avons un peu moins de 3 000 bâtiments qui étaient du patrimoine public en 1992. Aujourd’hui, nous avons 28 ministres, on ne peut pas les loger parce que tous les biens qui devaient servir de résidences des ministres sont vendus. Ils n’ont pas été vendus à un commerçant, à un agriculteur ou à un paysan. Ce sont des hommes d’Etat qui assumaient des responsabilités qui ont privatisé ces biens« .

Les documents vont être examinés

Poursuivant, Ousmane Gaoual précise « que cette opération ne vise pas des personnes, elle vise des biens, parce que derrière ça les documents vont être examinés. Les conditions de sortie du patrimoine vont être examinées minutieusement et des conclusions seront tirées conformément à la législation et aux engagements internationaux. La légalité ne se regarde pas seulement sur l’aspect de dire que oui j’ai acheté, j’ai vendu. Avait-on le droit de le faire moralement ? Ça permettra de tirer des conclusions et ne pas se focaliser sur des spécificités ou des personnalités médiatiquement exposées« .


Cellou Dalein Diallo montrant les documents légaux d’acquisition de sa maison que le gouvernement de transition veut exproprier. 

Pour un observateur, « dans cette affaire de récupération de biens de l’État, comme Gaoual dit que les conditions de sortie du patrimoine vont être examinées minutieusement et des conclusions seront tirées conformément à la législation et aux engagements internationaux, il faut se demander pourquoi ils n’ont pas cherché à faire cela avant d’engager la procédure. Nos gouvernants doivent mettre fin à cette pratique de punir avant de vérifier les faits« .

Et selon Me Mohamed Traoré, ancien Bâtonnier de Guinée, qui a été désigné pour être membre du Conseil national de la Transition (CNT), « la question qu’on pourrait logiquement se poser dans le prolongement de la réponse de notre ministre est de savoir s’il existait, au moment où ces anciens Premiers ministres faisaient l’acquisition des biens dont ils risquent d’être expropriés aujourd’hui, des textes juridiques qui leur faisaient interdiction de passer de telles opérations. Il ne faut pas oublier par ailleurs que le droit, ce n’est ni l’éthique ni la morale. Si l’éthique et la morale suffisaient à régler tout, on n’aurait pas eu besoin du droit« .

Abordant le sujet portant sur la limitation de l’âge des candidats à la prochaine présidentielle, Ousmane Gaoual Diallo « pense qu’il faut respecter les Guinéens. Là on va très vite… Attendons de voir la loi suprême qui va encadrer notre processus démocratique, qui n’est même pas en chantier à proprement parler, puisque le CNT vient juste d’être mis en place. Je pense que c’est très vite faire des jugements péremptoires. On prête des intentions qui n’existent nulle part« .

Brehim Ould MAHMOUD

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?