Transition : Pourquoi la France affiche son soutien à la junte guinéenne ?
Alors que les guinéens espèrent voir la fin de la transition en fin 2024, conformément à l’accord dynamique conclu avec la CEDEAO, des manœuvres sont en cours pour prolonger la durée de la transition contre la volonté populaire.
Ces manœuvres appuyées par la France, l’ancienne Métropole, suscite des inquiétudes chez de nombreux guinéens, qui craignent de voir une instabilité s’installer dans le pays avec ses conséquences incalculables.
D’ailleurs des acteurs politiques et de la Société civile qui soupçonnent la France d’Emmanuel Macron, en perte de crédibilité dans beaucoup de pays Africains, disent ne pas reconnaître le CNRD,la junte militaire, après le 31 décembre 2024.
Devant cette situation, les partis politiques et la société civile, réunis au sein des forces vives de Guinée, n’excluent pas de mettre en place un gouvernement de transition après le 31 décembre 2024, pour rectifier la transition qui n’a que trop duré.
Mais pourquoi la France, pays des droits de l’homme et de la démocratie, soutient-elle cette junte militaire guinéenne ?
Le journaliste français Thomas DIETRICH qui avait été expulsé de la Guinée, suite à une enquête qu’il menait sur la corruption, revient sur le soutien sans faille du régime d’Emmanuel Macron à la junte militaire guinéenne dirigée par le Général Mamadi Doumbouya.
Invité dans une émission animée par notre compatriote Tidiane ‘’La Puissance’’, le journaliste français dit tout sur le soutien inquiétant de la France à la junte guinéenne.
« Il y a un lien fort aujourd’hui entre les autorités françaises et la junte guinéenne, qui est une sorte de dernier des moribonds, un des derniers soutiens de la France en Afrique, un des derniers pays qui n’a pas mis la France dehors, contrairement au Burkina, au Mali, au Niger et même d’autres pays qui sont en train de sortir de l’orbite française, je pense au Togo et au Tchad. ».
Ajoutant que, « De nombreux projets sont financés par la France, il y a les antennes locales de la radio télévision guinéenne qui est une structure de propagande, une télévision publique mais qui sert de propagande du régime qui vont être financé par la France, le tout construit par les entreprises françaises. Il y a des hôpitaux qui vont être construit à Kindia, à Labé et Kankan qui vont être construit par une entreprise française qui s’appelle le leFAZ . »
En plus, poursuit notre confrère, « C’est bien sur un financement français avec un prêt qui va être accordé, la Guinée va devoir rembourser avec un taux d’intérêt. Donc il y a un soutien très fort. Moi j’ai posé la question au Quai d’Orsay sur la conduite de la transition en Guinée, et j’ai pu aller voir le porte-parole il y a une deux semaines pour demander est ce que la France condamnait les violations de la liberté de presse, notamment le retrait des agréments et la fermeture des principaux médias privés du pays (FIM, Djoma et Espace) et la France n’arrive pas absolument à condamner ne serait que les violations des libertés de presse. Nous français on prétend quand même être la patrie des droits de l’homme alors qu’on n’est même pas capable de condamner la fermeture des médis privés, la répression dans les manifestations du fait qu’il y avait une transition qui devait terminer en fin 2024, mais qui va faire des prolongations et les élections vont sans doute être renvoyées au calendre grecque. Donc il y a un véritable soutien et la France revient en force économiquement comme elle n’est jamais revenue en force en Guinée avec plein de projets, je vous ai parlé de cette histoire des TNT qui va être fait par l’entreprise française, j’ai parlé des hôpitaux, l’échangeur au niveau de Dubréka qui va être fait par l’entreprise française LEDUC. Dans les mines à Boké, avec la construction de la raffinerie qui est dirigée par Fadi WAZNI qui a la nationalité française et qui a acheté l’usine à travers la France. ».
Dans ce soutien affiché de la France, ajoute le journaliste français, l’ambassadeur Marc FONBAUSTIER, qui avait été chassé à Hong Kong et renvoyé pour vol, alors qu’il était Consul, en ait pour beaucoup.
« La France est très présente avec un soutien très affiché de l’ambassadeur Marc FONBAUSTIER .qui doit partir cet été mais qui est ambassadeur de France en Guinée depuis 2021, qui s’est montré très proche de Mamadi Doumbouya. C’est un ambassadeur qui a quand même eu a passé des problèmes assez compliqués. Il faut savoir à l’époque où était Consul de France à Hong Kong, il avait été chassé de son poste de Consul parce qu’il avait volé des bouteilles de vin dans une soirée dans son pantalon, il était sorti de la soirée et il avait été rattrapé et il avait été renvoyé de son poste. Et ce sont ces gens là qu’on nomme Ambassadeur dans des pays africains parce qu’avant d’être ambassadeur de Guinée, il était ambassadeur au Togo, et au Nigéria. Et ce sont ces gens qui soutiennent le régime de Mamadi Doumbouya et soutiennent les entreprises françaises se font plein d’argent sur des projets qui ne vont pas forcément servir les guinéens quant il s’agit de financer des antennes locales de la radio télévision guinéenne, je ne suis pas sûr que ça serve de la liberté de presse, c’est plutôt de la propagande d’un dictateur. Donc la France a des intérêts en Guinée comme elle n’a pas eu des intérêts depuis avant les indépendances, c’est-à-dire, il y a un vrai retour en force. »
Ce soutient de la France à la junte guinéenne s’illustre également par la reprise de la coopération militaire entre Conakry et Paris.
Notre confrère rappelle d’ailleurs qu’au lendemain du coup d’Etat militaire, « le Commandant français des Forces françaises basées au Sénégal, puisqu’il y a 300 soldats français au Sénégal, est venu à Conakry, et il a fait un tour en hélicoptère avec Mamadi Doumbouya, qui venait de prendre le pouvoir, et très vite, on a repris la coopération. Ce qui tranche avec le deux poids deux mesures par rapport à l’attitude d’Emmanuel Macron vis-à-vis d’autres juntes, comme au Mali, au Niger on a condamné très fermement la junte malienne et nigérienne, on a pris des sanctions parce que ces juntes n’étaient pas favorables à Paris, qui ont renversé des pouvoirs qui étaient plutôt francophiles. Donc il y a eu la coopération très forte qui s’est mise à jour, on a formé des forces de l’ordre guinéennes, ce qui pose des problèmes parce que ce sont les forces de l’ordre guinéennes qui répriment les manifestations très durement il ya eu 47 morts depuis l’arrivée de Mamadi Doumbouya au pouvoir et ça été décompté par Amnesty international. », regrette le journaliste français, Thomas DIETRICH.
Abdoul Wahab Barry
