Contre La sansure

Un des avocats des victimes du régime d’Alpha Condé a commenté la décision du CNRD

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Ce samedi, moins de 24 heures après la décision des nouvelles autorités du CNRD d’annoncer la libération de l’ex président Alpha Condé, Me Thierno Souleymane Baldé, un des avocats des victimes du régime qu’il dirigeait était l’invité de Fim FM.

Pour lui, cette décision des nouvelles autorités guinéennes « est vraiment une information de tristesse pour nous. Nous avons des centaines de nos concitoyens qui ont été assassinés pendant le régime de Monsieur Alpha Condé. Et à l’époque nous avions déposé beaucoup de plaintes, malheureusement il n’y a aucune d’entre elles qui a été inscrite. Monsieur Alpha Condé a garanti l’impunité totale à tous ceux qui ont été les auteurs de ces crimes » (1).

Poursuivant, il a indiqué qu’avec « le changement qui a été effectué, on aurait souhaité quand même qu’il (Alpha Condé, ndlr) puisse répondre de tous ses actes puisque nous le savons tous, le problème fondamental de la Guinée c’est la culture de l’impunité. Ces décisions qui sont prises par le CNRD, nous, en tant que victimes, nous n’allons pas baisser les bras. Et si effectivement la justice, elle est indépendante nous allons nous organiser, nous allons déposer les plaintes avec des éléments de preuves et avec des justifications légales et dans les conditions sûres si elle est indépendante elle fera son travail« .

Me Thierno Souleymane Baldé estime que « si effectivement, avec tout ce qui s’est passé, il aurait fallu quand même demander à Monsieur Alpha Condé des justifications au lieu de le libérer purement et simplement. Et dans le cadre légal, le maintenir en détention sans qu’il ne soit inculpé, nous n’avons jamais approuvé une telle attitude. Nous ne le souhaitons pas parce que nous sommes légalistes. La légalité signifie quels que soient les actes qu’a posés un citoyen Guinéen, que ça soit au niveau de la justice de lui demander des comptes« .

 

Après sa prise du pouvoir, Colonel Doumbouya est allé se recueillir sur les tombes des victimes du régime d’Alpha Condé au cimetière de Bambeto

 

Cette libération de l’ex président guinéen, renversé par un coup d’État salvateur, mené par les forces spéciales du Colonel Doumbouya, fait la UNE dans différents milieux sociopolitiques guinéens. Pour les uns « Alpha Condé a été libéré par la junte afin d’éviter au pays les sanctions de la CEDEAO. Les termes de sa libération semblent être clairs : c’est un prisonnier surveillé, une espèce de garde à vue chez lui. Il faut souhaiter qu’il soit poursuivi par ses victimes. Et comme la CRIEF a arrêté certains de ses collaborateurs, il faudrait qu’elle s’intéresse également à son cas« .

Pour d’autres, comme Sékou Souapé, un de ses compagnons de lutte pour la conquête du pouvoir, Alpha Condé n’est pas encore libre, parce que, « quand quelqu’un est libre, il choisit là où il doit partir. Et le minimum, c’est d’avoir un moyen de communication. On peut ne pas se rencontrer, mais on peut se parler au téléphone. Mais si la personne n’a ni téléphone et ne peut pas se déplacer, il faut se poser des questions (…) Je ne comprends pas ce genre de liberté. Ce qui est certain, c’est que le président Alpha Condé n’a pas de téléphone et il ne peut aller rendre visite à quelqu’un’’ (*).

Brehim Ould MAHMOUD

 

(1) propos transcrits par guinee114.com In. https://guinee114.com/alpha-conde-libre-lavocat-des-victimes-sous-son-regime-reagit/

(2) In. https://www.visionguinee.info/alpha-conde-mis-en-liberte-le-rpg-arc-en-ciel-sceptique-quand-quelquun-est-libre-il-choisit-la-ou-il-doit-partir/

 

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