À Ousmane Gaoual Diallo
Tu m’as appelé. Comme pour Habib Marouane Camara, tu as dissimulé ta voix derrière un numéro américain, croyant que la distance efface les preuves. Tu m’as appelé pour menacer. Tu croyais me faire taire. Tu viens de me libérer.
Alors permets-moi, par cette lettre ouverte, de te répondre.
Non pas avec la peur — je l’ai laissée au pays. Mais avec la plume. Tranchante. Mémorielle. Historique.
Car tu n’es pas un ministre, Gaoual. Tu es un symptôme. Celui d’un pouvoir malade de ses communicants. Un homme sans boussole, qui accumule les visages comme un comédien en fin de gloire.
Tu es Gaoual-Goebbels (Joseph Goebbels, ministre de la propagande d’Hitler), le maquilleur de l’échec.
Chaque mot qui sort de ta bouche fait reculer la vérité. Tu falsifies, tu tors, tu inverses. Tu as fait du mensonge une stratégie gouvernementale. Tu parles comme un homme qui vend l’eau salée pour désaltérer un peuple.
Tu es Gaoual-Beria (Lavrenti Beria, chef de la police politique sous Staline), celui qui téléphone en chuchotant.
Tu ne débats pas : tu harcèles. Tu ne réfutes pas : tu menaces. Tu ne convaincs pas : tu épies. Le Beria de Conakry. Ta voix est archivée et je te le garantis : elle parlera devant les juridictions françaises. Tu es un citoyen français qui se livre au terrorisme d’État en Guinée.
Tu es Gaoual-Quisling (Vidkun Quisling, symbole universel du traître), le traître tatoué.
Celui qui a poignardé son père politique pour une gamelle. Celui qui, ayant été élevé par l’UFDG, l’a trahie pour briller un instant dans les ténèbres kaki.
Tu es Gaoual-Laval (Pierre Laval, collaborateur du régime nazi en France), la bouche qui blanchit l’oppresseur.
Internet coupé ? Tu justifies. Médias fermés ? Tu expliques. Sang versé ? Tu relativises. Tu es l’ennemi du peuple avec une voix de technocrate.
Tu es enfin Gaoual-Fouché (Joseph Fouché, ministre de la police, expert en retournements de veste), l’acrobate du pouvoir.
Toujours du bon côté du fusil. Hier Cellou, aujourd’hui Doumbouya, demain qui ? Ce n’est pas de la stratégie. C’est du désespoir. De l’instinct animal.
Tu croyais me faire taire ? Tu viens de m’inscrire dans le livre de ceux qui résistent.
Et sache-le : le mot est plus fort que la menace. La mémoire est plus longue que ta carrière.
Je ne crains pas les voix camouflées. Je les archive. Je les offre à la postérité.
Tu es tombé dans le piège : un impardonnable faux pas du condamné. Condamné par la vérité. Par l’histoire. Par la plume.
Je signe, et je me tiens prêt.
Alpha Issagha Diallo
Écrivain. Citoyen libre. Cible assumée.
