Guinée : Les disparus nous regardent, et le CNRD est déjà mort
« Quand un régime commence à faire taire les avocats, enterrer les généraux, faire disparaître les activistes et tuer les médecins, ce n’est plus un pouvoir : c’est une peste en uniforme. »
Le 21 juin 2025, à l’aube, Maître Mohamed Traoré, ancien bâtonnier du barreau guinéen, est enlevé à son domicile de Sonfonia, sans mandat, sans explication, sans honneur. Fraîchement revenu du pèlerinage à la Mecque, il n’a eu droit qu’à la brutalité silencieuse des hommes encagoulés. Son seul crime ? Avoir refusé de se taire.
La République des cercueils et des silences
Maître Traoré n’est pas le premier. Et il ne sera pas le dernier. Car nous sommes entrés dans l’ère du régime-tombeau.
– Le Colonel Célestin Bilivogui, assassiné, son corps exhibé sans explication à son épouse, sans restitution, sans justice.
– Saadou Nimaga, enlevé à l’hôtel Kaloum, disparu depuis le 17 octobre 2024.
– Les figures du FNDC — Foniké Menguè, Billo Bah, Habib Marouane Camara — portés disparus, leurs visages devenus symboles d’un pays qui fait taire les meilleurs de ses enfants.
– Le Général Sadiba Koulibali, mort en détention dans des conditions aussi troubles que prévisibles. Ancien homme fort du système, liquidé pour savoir trop de choses.
– Et le Docteur Mohamed Dioubaté, pédiatre, assassiné à la prison de Kankan le 26 septembre 2024, après avoir été arrêté pour avoir critiqué l’effigie du légionnaire analphabète qui sert aujourd’hui de fétiche au pouvoir.
Ce que fait le CNRD s’appelle un crime d’État
Les disparitions forcées, les meurtres politiques, les enlèvements ciblés sont des crimes contre l’humanité, au sens de l’article 7 du Statut de Rome.
L’ONU, à travers la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, l’a établi clairement :
« Nul ne peut être soumis à une disparition forcée. »
« Le crime est continu tant que le sort de la victime n’est pas élucidé. »
Le CNRD est mort. Seuls ses fusils bougent encore.
Ce régime ne gouverne pas : il neutralise.
Il ne négocie pas : il kidnappe.
Il ne convainc pas : il tue.
À l’image des cartels, il a son bras armé, ses lieux de séquestration, ses médecins du silence, ses porte-parole du mensonge.
À chaque arrestation, il creuse une tombe morale.
À chaque disparition, il tire une balle dans la Constitution.
Peuple de Guinée, levez-vous pendant qu’il reste encore une voix à lever.
Aujourd’hui, ils prennent l’avocat.
Hier, c’était l’activiste.
Demain, ce sera le journaliste, l’étudiant, toi-même.
Ce régime ne tombera pas sous les coups des partis.
Il tombera sous le poids de ses propres cadavres, sous la lumière crue des regards, sous la colère froide d’un peuple trahi.
Un avis de mort subite
– Maître Mohamed Traoré : enlevé
– Sadiba Koulibali : exécuté en silence
– Mohamed Dioubaté : tué pour avoir osé une critique
– Bilivogui, Nimaga, Menguè, Bah, Camara : disparus dans le néant
Chaque nom est un verdict contre le CNRD.
Chaque disparition est un acte d’accusation.
Chaque silence de l’État est une preuve de culpabilité.
⚰️ Ici repose le CNRD : tué par sa propre brutalité.
Nous n’avons pas besoin d’une révolution pour que ce régime tombe.
Il est déjà en chute libre, rattrapé par ses crimes.
Ce que nous devons faire, c’est graver les noms des disparus, documenter chaque abus, porter chaque plainte, interpeller chaque conscience.
Et surtout, ne jamais oublier.
Alpha Issagha Diallo

Chroniqueur de la dernière heure des imposteurs.
