Contre La sansure

La Cour Spéciale ou l’art de sanctuariser les crimes d’Etat

0

Le 30 juin 2025, la junte guinéenne a révélé son projet de Constitution, prétendant ouvrir une ère de justice et de responsabilité publique. Mais sous les oripeaux juridiques de ce texte se cache une manœuvre grossière : la création d’une « Cour Spéciale de Justice de la République ». Cette instance, présentée comme un rempart contre l’impunité des plus hauts dirigeants, n’est en réalité qu’un stratagème sophistiqué pour institutionnaliser l’irresponsabilité du sommet de l’État, tout en prétendant l’encadrer.

Car il faut oser regarder au-delà de l’encre : cette Cour n’est ni spéciale ni juste. Elle est politique. Elle est préventive. Elle est complice. Et elle n’est en rien républicaine.

𝐋𝐚 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐧’𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐚 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐫𝐢𝐠𝐞𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐱𝐭𝐫𝐚𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬.

Dans les grandes démocraties, les chefs d’État sont jugés par des juridictions régulières. Pourquoi alors créer une « Cour Spéciale » ? Pour mieux verrouiller l’accès à la vérité. Le qualificatif “spéciale” est un marqueur fort : ce qui est spécial exclut le commun, élève certains au-dessus du droit commun, et introduit dans la justice le virus de l’inégalité.

Ce n’est pas de la réforme, c’est du maquillage constitutionnel. Un fard juridique pour donner aux citoyens l’illusion du contrôle sur des figures inaccessibles. Or, toute justice véritable doit être fondée sur l’universalité du droit, non sur l’exceptionnalité de la fonction.

𝑈𝑛𝑒 𝑅𝑒́𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑚𝑎𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑠𝑜𝑢𝑚𝑒𝑡 𝑠𝑒𝑠 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑎𝑛𝑡𝑠 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑚𝑒̂𝑚𝑒 𝑗𝑢𝑠𝑡𝑖𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒 𝑝𝑒𝑢𝑝𝑙𝑒. 𝐶𝑟𝑒́𝑒𝑟 𝑢𝑛𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑝𝑒́𝑛𝑎𝑙𝑒 𝑖𝑛𝑑𝑒́𝑝𝑒𝑛𝑑𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝐶𝑜𝑢𝑟 𝑆𝑢𝑝𝑟𝑒̂𝑚𝑒, 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑒́𝑡𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑗𝑢𝑔𝑒𝑟 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑎𝑔𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑐, 𝑎𝑢𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑒́𝑡𝑒́ 𝑝𝑙𝑢𝑠 ℎ𝑜𝑛𝑛𝑒̂𝑡𝑒 𝑒𝑡 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑑𝑒́𝑚𝑜𝑐𝑟𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒.

𝐏𝐫𝐨𝐜𝐞́𝐝𝐮𝐫𝐞 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞, 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐢𝐦𝐩𝐞𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞 : 𝐥’𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦𝐦𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞

On nous parle de procédure rigoureuse. En réalité, c’est une forteresse d’inertie construite à dessein. Pour enclencher une mise en accusation, il faut l’initiative d’un dixième des députés, issus de groupes différents, puis une majorité qualifiée des deux tiers au scrutin secret. Même dans une démocratie solide, ce mécanisme serait fragile. Dans un contexte comme celui de la Guinée, où le Parlement est un prolongement docile de l’exécutif, ce mécanisme est mort-né.

𝑈𝑛𝑒 𝑑𝑒́𝑚𝑜𝑐𝑟𝑎𝑡𝑖𝑒 𝑣𝑒́𝑟𝑖𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑎𝑢𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑟𝑒𝑐𝑜𝑛𝑛𝑢 𝑎𝑢 𝑝𝑒𝑢𝑝𝑙𝑒 𝑙𝑒 𝑑𝑟𝑜𝑖𝑡 𝑑’𝑖𝑛𝑖𝑡𝑖𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑝𝑟𝑜𝑐𝑒́𝑑𝑢𝑟𝑒, 𝑝𝑎𝑟 𝑝𝑒́𝑡𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑠𝑜𝑢𝑡𝑒𝑛𝑢𝑒, 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑒𝑛𝑞𝑢𝑒̂𝑡𝑒 𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒𝑡 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑟𝑢𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑗𝑢𝑑𝑖𝑐𝑖𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑖𝑛𝑑𝑒́𝑝𝑒𝑛𝑑𝑎𝑛𝑡𝑒. 𝐶’𝑒𝑠𝑡 𝑎𝑢 𝑝𝑒𝑢𝑝𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑗𝑢𝑔𝑒𝑟 𝑠𝑒𝑠 𝑒́𝑙𝑢𝑠, 𝑝𝑎𝑠 𝑎̀ 𝑢𝑛 𝑃𝑎𝑟𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑐𝑎𝑝𝑡𝑖𝑓 𝑑𝑒 𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑝𝑟𝑖𝑣𝑖𝑙𝑒̀𝑔𝑒𝑠.

𝐔𝐧𝐞 𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐞𝐮𝐬𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐯𝐢𝐜𝐢𝐞𝐮𝐱

À première vue, la définition de la haute trahison semble ambitieuse. Elle inclut des crimes contre l’environnement, les droits humains, la cohésion nationale, et la mauvaise gestion des ressources. Noble intention ? Peut-être. Mais ce texte est une liste sans portée, car il est greffé sur un corps institutionnel sans organes fonctionnels.

Sans justice indépendante, sans mécanisme d’enquête autonome, sans presse libre, ces accusations ne seront jamais activées. Ce sont des mots sans dents, des principes sans prise.

𝑈𝑛𝑒 𝑣𝑒́𝑟𝑖𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑟𝑒́𝑓𝑜𝑟𝑚𝑒 𝑎𝑢𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑖𝑠𝑡𝑒́ 𝑎̀ 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑎𝑢𝑟𝑒𝑟 𝑢𝑛𝑒 𝐻𝑎𝑢𝑡𝑒 𝐶𝑜𝑢𝑟 𝐸́𝑡ℎ𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑜𝑠𝑒́𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑎𝑔𝑖𝑠𝑡𝑟𝑎𝑡𝑠 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑐𝑖𝑡𝑜𝑦𝑒𝑛𝑠, 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒́𝑒 𝑑’𝑒́𝑣𝑎𝑙𝑢𝑒𝑟 𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑎𝑐𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑎𝑛𝑡𝑠. 𝑃𝑎𝑠 𝑢𝑛𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑚𝑢𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑑𝑒𝑢𝑥 ℎ𝑢𝑖𝑠 𝑐𝑙𝑜𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠.

𝐔𝐧𝐞 𝐂𝐨𝐮𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬, 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐨𝐢 : 𝐥’𝐚𝐦𝐧𝐞́𝐬𝐢𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞

Le cynisme de ce projet culmine dans le silence qu’il observe sur les crimes et abus de la Transition elle-même. On veut juger les futurs présidents, mais on se tait sur les massacres, les violations des libertés, les arrestations arbitraires et les pillages de richesses commis aujourd’hui. La Cour Spéciale regarde vers l’avenir, non pour le protéger, mais pour mieux effacer le présent.

Ce n’est pas de la justice. C’est une mise en scène d’impunité rétrospective.

𝑇𝑜𝑢𝑡𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑖𝑡𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑖𝑔𝑛𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑒 𝑛𝑜𝑚 𝑎𝑢𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑟𝑒́𝑣𝑢 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑒́𝑐𝑎𝑛𝑖𝑠𝑚𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑟𝑒𝑑𝑑𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑡𝑒𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑎𝑢𝑡𝑜𝑟𝑖𝑡𝑒́𝑠 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑖𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒𝑠, 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑝𝑜𝑠𝑠𝑖𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡𝑒́ 𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑠𝑢𝑖𝑡𝑒𝑠 𝑟𝑒́𝑡𝑟𝑜𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒𝑠. 𝐶𝑎𝑟 𝑜𝑛 𝑛𝑒 𝑏𝑎̂𝑡𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑙𝑎 𝑅𝑒́𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑙’𝑜𝑢𝑏𝑙𝑖, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑎 𝑣𝑒́𝑟𝑖𝑡𝑒́.

𝐔𝐧𝐞 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 : 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐫𝐞̀𝐠𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐢𝐧𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐮𝐫𝐧𝐞𝐬

Quand l’instruction des crimes dépend d’un vote politique, la justice n’est plus justice. Elle devient une arme entre les mains de ceux qui contrôlent le Parlement. Et dans un pays où l’opposition est marginalisée, les syndicats bâillonnés et la société civile infiltrée, parler d’objectivité parlementaire, c’est insulter la raison.

𝐿𝑎 𝑠𝑒𝑢𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑣𝑖𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑢𝑠𝑡𝑟𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑙’𝑖𝑛𝑖𝑡𝑖𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 𝑗𝑢𝑑𝑖𝑐𝑖𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑎𝑢𝑥 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑢𝑙𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑠𝑎𝑛𝑠. 𝑆𝑒𝑢𝑙𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑗𝑢𝑠𝑡𝑖𝑐𝑒 𝑑𝑒́𝑝𝑜𝑙𝑖𝑡𝑖𝑠𝑒́𝑒, 𝑖𝑛𝑑𝑒́𝑝𝑒𝑛𝑑𝑎𝑛𝑡𝑒, 𝑒𝑡 𝑎𝑑𝑜𝑠𝑠𝑒́𝑒 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑐𝑖𝑝𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑐𝑖𝑡𝑜𝑦𝑒𝑛𝑛𝑒 𝑝𝑒𝑢𝑡 𝑒𝑚𝑝𝑒̂𝑐ℎ𝑒𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑒́𝑟𝑖𝑣𝑒𝑠 𝑎𝑢𝑡𝑜𝑟𝑖𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑐𝑎𝑚𝑜𝑢𝑓𝑙𝑒́𝑒𝑠 𝑒𝑛 “𝑝𝑟𝑜𝑐𝑒́𝑑𝑢𝑟𝑒”.

𝐂𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐂𝐨𝐮𝐫 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐦𝐚𝐮𝐬𝐨𝐥𝐞́𝐞, 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐧𝐚𝐥

Ce projet n’est pas un progrès. C’est un monument à l’irresponsabilité organisée. Il ne s’agit pas de protéger la République, mais de protéger les régimes à venir – et surtout ceux en place. C’est une Constitution pour blanchir l’illégitime, pour gracier l’impardonnable, pour habiller la force en vertu.

Mais le peuple n’est plus dupe. Il a vu les morts, les exilés, les chaînes aux poignets des journalistes, les cris étouffés des citoyens. Il ne se laissera pas séduire par un texte poli au langage démocratique mais rédigé avec des mains trempées dans l’autoritarisme.

La Guinée ne sera pas sauvée par une Cour Spéciale. Elle sera sauvée par une volonté commune d’instaurer une justice vraie, accessible, constante, et impartiale. Une justice qui ne regarde pas le rang, mais le crime.

Et tant que cette justice ne sera pas là, nous continuerons d’écrire, de dénoncer, et de résister.

𝑨𝒃𝒐𝒖𝒃𝒂𝒄𝒂𝒓 𝑭𝒐𝒇𝒂𝒏𝒂, 𝒄𝒉𝒓𝒐𝒏𝒊𝒒𝒖𝒆𝒖𝒓

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?