Ousmane DUBOIS : Saint Patron des Tronc-Tueurs et Prix Nobel de la Déforestation Sélective
Enfin ! La Guinée décrète une pause nationale sur le bois. Un moratoire historique ! Certains diront que c’est pour sauver la forêt. Moi je dis : c’est avant tout pour sauver Ousmane DUBOIS… de lui-même.
Parce qu’il faut le reconnaître : il n’avait plus rien à couper. Il avait déjà tout pris. Les forêts n’avaient plus de feuilles, les racines déposaient des demandes d’asile !
Ousmane DUBOIS… ah, ce sobriquet de génie ! Ça sonne presque écologique ! Il aurait dû breveter le concept : « Je me nomme DUBOIS, donc je vends la forêt ». Vérité publicitaire : avec lui, tout passait à la scie !
On se souvient de ses envolées lyriques : « Développement local », « création d’emplois », « exploitation responsable »… Responsabilité ? Oui : responsable de la transformation du couvert forestier en planches à crédit.
Soyons sérieux ! Il n’était pas ministre de l’urbanisme, mais ministre officieux de la scierie nationale. Avec lui, on n’avait pas d’industrie du bois : on avait l’industrie du désert.
Il a su faire de la nature un business modèle. Son business plan ? Raser, encaisser, recommencer. La durabilité ? Celle de son compte bancaire.
Alors aujourd’hui, le décret ministériel tombe comme un châtiment divin : le ministère de l’Environnement décrète la cessation des hostilités. Enfin ! Les arbres vont pouvoir célébrer une trêve. Ils se feront des câlins, pleureront de joie : « Nous sommes sauvés ! Ousmane est au chômage technique ! »
Et bien sûr, il pleure. Il crie au sabotage économique. Il se découvre une âme philanthropique : « Pensez aux pauvres bûcherons ! » Ceux qu’il pressait comme des citrons pour remplir ses caisses.
Oui, vraiment : l’homme a de la compassion. Surtout pour ses marges bénéficiaires.
On imagine sa prochaine reconversion : consultant en désertification accélérée, conférencier TEDx sur « comment transformer une forêt en savane en cinq étapes simples ». Peut-être même qu’il vendra des graines d’acacia pour verdir ses bilans carbone.
Il faut dire qu’on lui a fait un beau cadeau : grâce à ce moratoire, il va enfin pouvoir compter les arbres qu’il reste. Ça ne prendra pas longtemps. Il pourra même les nommer : « Pierre, Paul, Jacques »… et basta.
En vérité, c’est une victoire pour la Guinée, pour ses forêts, pour ses enfants. Et une défaite cinglante pour les seigneurs de la tronçonneuse, les ministres autoproclamés du saccage légal.
Ousmane DUBOIS ? Non. Ousmane DEBOISÉ. La Guinée a tranché. Et cette fois, ce n’est pas avec sa scie.
