De la purge nécessaire au sein de la Marée Jaune : pour une catharsis politique salutaire.
Il est, dans le cours des sociétés humaines, des instants décisifs où la clémence, poussée à l’excès, devient félonie ; où le pardon aveugle se mue en démission, et où la République, offensée dans son essence même, réclame qu’enfin l’on tranche dans le vif. Lorsqu’un corps politique se voit rongé de l’intérieur par des éléments perfides, masqués d’un zèle de façade, mais travaillant en coulisses à sa perte, il devient une nécessité impérieuse que l’on sépare l’ivraie du bon grain, que l’on arrache, sans trembler, les ronces du jardin doctrinal.
La Marée Jaune, noble drapeau levé jadis contre les vents du déshonneur, ne saurait consentir plus longtemps à porter dans son sein le poids infâme des parjures récidivistes, ni à souffrir que des âmes infidèles, parées des couleurs de la vertu, s’y drapent pour mieux la souiller. Ceux-là n’ont pour viatique que le mensonge, pour devise que le profit, et pour patrie que leur ambition.
C’est pourquoi il sied de saluer, avec la solennité qu’exige la chose, le sursaut du Bureau politique national, qui, mû par la sagesse et aiguillonné par le souci de redonner à l’engagement militant sa pureté originelle, a pris sur lui de congédier quelques figures dont la seule présence confinait à l’injure. Cette décision, si elle ne se laisse point distraire par les clameurs intéressées des faiseurs de désordre, annonce peut-être une ère de restauration morale tant attendue.
N’allez point y voir un simple ajustement de convenance : c’est une véritable cérémonie de purification politique, une catharsis assumée, une opération de salubrité intellectuelle et morale. En se séparant des esprits perfides, le Bureau politique ne châtie point des individus, il exalte des principes. Il ne règle point des comptes, il rétablit la vertu.
Car enfin, le RPG n’est point ce que ses détracteurs hâtifs veulent y voir : un repaire d’intérêts égoïstes ou un terrain vague où chacun s’essaie à la gymnastique du reniement. Non ! Le RPG est une école, une forge, une sentinelle. Il fut, demeure, et restera l’un des sanctuaires les plus augustes de la légitimité populaire dans notre République. Ce n’est pas à lui qu’il faut adresser le blâme, mais à ceux qui, par duplicité, ont cherché à le phagocyter de l’intérieur.
L’on ne bâtit point un idéal sur les sables mouvants du double langage. L’on ne fonde point une cité durable sur les fondations pourries de la transhumance politique. Ceux qui, hier encore, juraient fidélité devant les autels du militantisme, et qui aujourd’hui s’inclinent devant les autocraties de passage, doivent être reconduits à la porte, sans haine mais sans faiblesse.
Le moment commande un tri sans compromission, une purge sans passion, une épuration sans excès. Il faut purifier sans persécuter, corriger sans humilier, écarter sans bruit mais avec autorité. Le Parti ne saurait survivre aux parasites s’il n’ose les expulser. Il ne saurait porter la mémoire de ses martyrs s’il tolère la compagnie des marchands de silence.
Ainsi donc, qu’on n’y voie point une vendetta, mais une exigence de justice. À ceux qui s’accrochent à leur turpitude avec l’effronterie des imposteurs, il faut opposer la force tranquille de la fidélité éprouvée. À ceux qui font de la politique un marché noir, il faut rappeler que l’engagement véritable est sacerdoce, que le militantisme est ascèse, et que l’honneur ne se monnaie point.
Que l’on se le dise : la République ne saurait être le théâtre d’un carnaval permanent où les masques valsent au gré des vents du pouvoir. Il faut rendre à la couleur jaune sa majesté, son tranchant, sa mémoire. Et pour ce faire, il faut, sans tergiverser, balayer les immondices politiques qui avaient élu domicile en son sein.
Certes, la tâche est rude, mais elle est sainte. Elle exige du courage, de la hauteur, et une foi intacte dans la vertu du combat. Car il est un principe supérieur que nul ne saurait abolir : un Parti ne se trahit point impunément.
Et puisque le renouveau commande non seulement l’exclusion des infidèles mais aussi l’élévation des dignes, nous adressons nos plus vives félicitations aux illustres militants récemment promus à de si prestigieuses charges. Qu’ils reçoivent ici l’expression de notre respect le plus sincère, et que leurs esprits soient guidés, en tout lieu et en tout temps, par la sagesse, le labeur, la loyauté et l’amour inaltérable de la patrie. Que leurs pas, ainsi éclairés, les mènent sans détour vers l’essentiel.
Konaté Lanciné

