Le sermon du sabre : quand l’injustice prend la parole
Il faut être un général recyclé dans la répression pour oser parler de « société plus juste » dans la Guinée du CNRD.
Il faut être un relais servile de la propagande pour relayer de telles sottises sans poser une seule question.
Et il faut avoir le mépris profond du peuple pour lui tendre, comme unique avenir, le gaz, la matraque et le silence.
Balla Samoura, vous n’êtes pas un homme d’État. Vous êtes un homme de terrain… de chasse.
Voici les vraies questions, que l’histoire vous posera :
Où sont Foniké Menguè, Billo Bah et Habib Marouane Camara ?
Trois figures emblématiques de la société civile disparues dans un silence organisé. Sous votre autorité. Avec votre complicité ? Qu’avez-vous fait d’eux, Général ?
Pourquoi avoir enlevé, séquestré et torturé Abdoul Sacko et Maître Traoré dans des lieux tenus secrets ?
Est-ce cela, votre conception de la démocratie ? De la sécurité ? Ou simplement votre manière de gouverner par la peur ?
Pourquoi avoir orchestré la condamnation politique d’Aliou Bah, président du parti Model, à deux ans de prison ?
Il n’a ni volé, ni tué, ni comploté. Il a seulement parlé. Pensé. Exprimé. Et cela, vous ne le supportez pas.
Pourquoi avoir mené personnellement la démolition des domiciles privés de Cellou Dalein Diallo et de Sydia Touré ?

Est-ce ainsi qu’on construit une république ? En rasant les foyers de ceux qu’on redoute ?
Et la traque de Faya Millimouno et de Souleymane Souza Konaté ?
Deux hommes traqués, surveillés, criminalisés. Leur crime ? Avoir refusé de se taire.
Pendant que vous prononcez vos beaux discours sur la refondation, les prisons se remplissent, les familles s’effondrent, les voix s’éteignent.
Pendant que vous parlez d’unité, vous exécutez une politique de ségrégation régionale, d’humiliation ciblée, d’épuration politique.
Pendant que vous parlez de justice, vous effacez des vies.
Mais vous n’effacerez pas la mémoire. Ni la vérité. Ni le réveil du peuple.
Peuple de Guinée, ouvre les yeux :
Ce ne sont pas des refondateurs, ce sont des destructeurs.
Ce ne sont pas des serviteurs, ce sont des sabreurs.
Ce ne sont pas tes représentants, ce sont tes oppresseurs en treillis.
Alpha Issagha Diallo

Citoyen debout, plume affûtée, témoin d’un peuple qu’on ne peut plus faire taire.
