Quand un imam se laisse manipuler et trahit sa mission ! Subuhaanallah !
L’islam nous enseigne que la justice est le fondement de toute société.《Ô vous qui croyez ! Observez strictement la justice et soyez des témoins véridiques devant Allah, dussiez-vous témoigner contre vous-mêmes, vos parents et vos proches》nous rappelle le Coran dans la sourate An-Nisa (verset 135). Alors comment comprendre qu’un imam comme Alhadj Badrou Bah de la plus grande mosquée de Labé au Fouta Djallon, gardien supposé de ces valeurs sacrées, se permette aujourd’hui de cautionner une constitution née d’un coup d’État ?
Cette dérive n’est pas qu’une erreur de jugement. C’est une trahison profonde de la mission qui lui a été confiée. L’imam n’est pas un commissaire politique. Il n’est pas là pour bénir les ambitions d’un pouvoir illégitime qui s’accroche au fauteuil présidentiel par la force et la manipulation. Son rôle, depuis quatorze siècles, consiste à guider la communauté vers le bien, à défendre la justice et à rappeler les puissants à leurs devoirs.
Or que voyons-nous ? Un homme de religion qui ferme les yeux sur les enlèvements, qui se tait face aux assassinats, qui détourne le regard devant les emprisonnements arbitraires. Un imam qui cautionne un régime bâti sur la violence et la corruption, en osant y mêler les textes sacrés. C’est plus qu’une compromission : c’est un sacrilège.
Le Prophète que la paix soit sur lui nous a enseigné:《Celui qui se tait face à l’injustice est un diable muet.》Comment alors justifier ce silence complice ? Comment expliquer cette bénédiction accordée à ceux qui violent les droits les plus élémentaires de leurs concitoyens ? L’imam a-t-il oublié que sa légitimité ne vient pas des palais mais de sa fidélité aux enseignements divins ?
En soutenant cette constitution de façade, cet imam ne sert pas Dieu. Il sert un système qui emprisonne, qui torture, qui corrompt. Il transforme la chaire en tribune politique et la mosquée en bureau de campagne. Il prostitue sa fonction pour quelques privilèges et une reconnaissance factice du pouvoir.
Le véritable imam, celui que respectent les croyants, est celui qui dit la vérité même quand elle dérange. Celui qui refuse de plier le genou devant les tyrans. Celui qui choisit l’exil plutôt que la compromission. L’histoire de l’islam regorge de ces figures exemplaires qui ont préféré la prison à la collaboration avec l’injustice.
Face à un régime putschiste qui kidnappe ses opposants, assassine ses critiques et viole les consciences, un imam digne de ce nom n’a qu’un seul devoir: dire NON. Non à cette mascarade constitutionnelle. Non à cette légitimation religieuse de l’arbitraire. Non à cette instrumentalisation de la foi au service d’intérêts politiques sordides.
Que cet imam se souvienne: Dieu jugera d’abord ceux qui parlent en Son nom. Et l’histoire n’oublie jamais ceux qui ont choisi le camp des oppresseurs quand leur peuple souffrait.

