Contre La sansure

*Du buzz à la désillusion quand l’État abdique face au bruit et trahit l’intelligence nationale.*

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La République ne se gouverne pas au buzz l’échec Makosso et la leçon de dignité nationale. Comme disait l’autre.

Dans une époque où la superficialité rivalise avec la profondeur, où la notoriété numérique semble parfois valoir plus que l’expertise réelle, il est crucial de s’arrêter et de poser une question simple jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour du buzz ? La récente invitation officielle faite à Camille Makosso par le Président du Conseil National de la Transition, Dr Dansa Kourouma, en est la preuve frappante. *Car oui, *l’État guinéen a cédé à l’effet de mode au détriment du fond*.

Camille Makosso, autoproclamé « général de la marmaille », pasteur sans église, influenceur controversé, s’est vu dérouler le tapis rouge par les autorités guinéennes, accueilli comme  » expert constitutionnel » pour expliquer aux Guinéens le projet de nouvelle Constitution. Pourtant, en Côte d’Ivoire, il est qualifié par ses propres concitoyens comme « l’homme qui a tenté de rouler Dieu dans la farine ». Quel paradoxe ! Quelle désinvolture de la part de l’État guinéen !

Pendant ce temps, des centaines de juristes guinéens, de constitutionnalistes, sociologues, chercheurs d’universitaires aguerris, de penseurs reconnus au niveau international, n’ont même pas été consultés. Des jeunes chercheurs de Harvard, de la Sorbonne, de Dakar ou d’Abidjan, ignorés. Des intellectuels patriotes, rejetés. Quelle gifle pour notre élite ! Quelle humiliation pour la République d’Ahmed Sékou Touré, de Camara Laye, de Thierno Monénembo, d’Aly N’fa Touré !

Et aujourd’hui ? Silence radio. Makosso n’a même pas daigné publier une seule phrase de suivi sur la Guinée. Aucun mot, aucun rappel de son passage. Comme un touriste venu vendre du rêve, capturer du contenu, puis repartir vers d’autres cieux. Voilà à quoi a servi l’institution à un passage éphémère sans retombées. À vous de juger, mais les faits parlent d’eux-mêmes.

Pendant que certains ministres refusaient d’écouter leurs propres compatriotes au nom de la « visibilité », d’autres déroulaient le tapis rouge à un amuseur public. Aujourd’hui, ces mêmes Guinéens, refusés et humiliés, sont sur le terrain, animant des conférences, expliquant aux populations la portée du projet de Constitution. Par patriotisme. Par devoir. Sans caméra. Sans diète. Sans réseaux.

*Une leçon s’impose : le pouvoir se prépare avant, se gère avec sagesse pendant, et laisse des traces après.* Ceux qui privilégient la forme au fond, la posture à la compétence, récolteront le vide. Rien n’est éternel. L’État ne doit jamais céder au divertissement au détriment de l’intérêt national.

Les vraies influences durables ne sont pas celles des buzz d’un jour, mais celles construites dans l’humilité, la rigueur et le service désintéressé. C’est cette voie que doivent suivre nos institutions, si elles veulent rester crédibles aux yeux du peuple et de l’histoire.

*Pourquoi faire appel à un influenceur étranger, alors que la Guinée regorge de talents ?* De jeunes Guinéens influents, crédibles, suivis en Afrique et dans le monde, n’ont jamais été considérés. *Humilier son propre peuple au nom du buzz est une erreur politique et morale.* *Makosso est parti, mais le malaise reste.*

À méditer, pour aujourd’hui et pour demain. Que cela reste une leçon.

*Par Billy Keita citoyen en méditation mais passif* .

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