Contre La sansure

Ils minimisent les morts pour maximiser leur pouvoir.

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Quand un peuple pleure, un État digne s’agenouille.
Mais ici, le peuple pleure, et le pouvoir s’auto-félicite.

Le CNRD n’a pas réagi pour consoler. Il a parlé pour minimiser.
Pas pour compatir. Pour banaliser.
Pas pour s’excuser. Pour dissimuler.

Leur seule communication officielle a servi à réduire le bilan.
À effacer les morts derrière des chiffres arrangés.
Comme on balaye une flaque, ils ont tenté d’effacer une tragédie.

Aucun deuil national

Aucune cellule de crise

Aucune minute de silence

Aucune présence sur le terrain
Rien. Le mépris. L’arrogance. Le confort.

Mais la machine de propagande, elle, fonctionne.
On distribue des 4×4. On prend des photos. On vend de l’autorité en uniforme.

Pendant que le pays s’enfonce dans la boue,
eux brandissent leur Constitution comme on grave un mensonge dans le marbre.

Car le vrai projet de la transition n’est pas de réparer.
C’est de s’installer.
De durer.
De verrouiller.

Ils ne veulent pas gouverner. Ils veulent confisquer.

Et que dire de Dansa Kourouma ?
Lui qui prétend incarner le peuple à travers un Conseil de transition qu’on n’a jamais élu.
Pendant que la Guinée s’enlisait dans la boue et le sang, il paradait à Londres, en veste cintrée, lunettes de marque et sourire diplomatique.

Aucune ligne sur ses réseaux.
Aucun mot.
Pas même une phrase creuse pour sauver les apparences.

Il était trop occupé à exister devant les caméras internationales pendant que son peuple creusait à mains nues pour retirer des corps.

Il était à Londres,
mais son cœur n’était nulle part.
Et sûrement pas à Conakry.

Son silence n’est pas une absence.
C’est une insulte.
Une gifle.


Une preuve éclatante que Dansa ne représente rien.
Ni la douleur du peuple,
ni sa dignité,
ni son avenir.

Son agenda personnel vaut plus que nos morts.
Son costume trois-pièces pèse plus que mille cercueils.
Et sa Constitution de confiscation est devenue sa seule prière.

L’image avant la vie

La Constitution avant la compassion

La continuité du pouvoir avant la vérité des larmes

Mais ce qu’ils oublient, c’est que ce peuple a de la mémoire.
Et que la nature n’oublie pas.

Mamadi Doumbouya ne défie plus ses adversaires.
Il défie la volonté divine.

Et celle-là ne se combat pas à coup de bérets rouges,
ni de discours écrits par d’autres.
Elle répond par les inondations.
Elle juge par les glissements de terrain.
Elle crie à travers chaque cercueil boueux.

Vous avez ignoré les cris du peuple.
Maintenant, vous entendrez les grondements du ciel.

Et vous verrez, un jour viendra où vos blindés ne serviront plus à rien.
Où vos véhicules officiels seront emportés à leur tour.
Où vos noms seront retenus, non pas pour avoir dirigé,
mais pour avoir laissé mourir.

Le peuple observe.
La mémoire retient.
L’histoire arrive.

Alpha Issagha Diallo
Écrivain, témoin du réel

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