Contre La sansure

Mamady Doumbouya, candidat ? Hypothèse d’avenir ou préméditation du parjure ?

0

La tentative est grossière. Déguisée sous les oripeaux d’une hypothèse intellectuelle, elle avance à pas feutrés une forfaiture programmée. L’article publié sur InfosBrutes (*) n’est ni une réflexion neutre ni un débat d’idées : c’est un ballon d’essai, une manœuvre d’enfumage, un coup d’encensoir déguisé en hypothèse d’école.

Car enfin, que reste-t-il du serment de Mamady Doumbouya, sinon l’écho mensonger d’un discours vidé de sa substance ? Il avait promis de ne pas se présenter. L’unique clause morale de la transition — son socle fondateur — repose sur cet engagement. Oser aujourd’hui interroger, en des termes enjolivés, la légitimité d’une telle candidature revient à banaliser le parjure, à accréditer le coup d’État permanent comme méthode de gouvernement.

Ce n’est pas une hypothèse d’avenir. C’est la chronique d’une imposture annoncée.

Le confusionnisme au service de l’usurpation

Les confusionnistes de salon, qui se prétendent analystes, veulent faire croire que l’idée d’une candidature de Doumbouya mérite débat. Mais un parjure, fût-il présidentiel, ne mérite pas débat. Il mérite jugement. Il mérite d’être confronté à la parole donnée, à l’éthique républicaine, au droit bafoué. Il mérite d’être rappelé à l’ordre, non pas encensé comme un acteur politique « possible ».

Car pendant que certains dissertent sur l’opportunité d’un second viol de la démocratie guinéenne, les prisons se remplissent, la presse étouffe, les manifestations sont interdites, et les morts s’accumulent dans le silence.

Le CNRD n’a pas trahi pour réformer, il a trahi pour régner. Mamady Doumbouya ne s’est pas installé pour restaurer l’État, il s’est hissé au sommet pour confisquer le pouvoir, et peut-être aujourd’hui, le légitimer par l’urne volée.

L’armée ne vote pas, elle obéit

Dans toute démocratie digne de ce nom, les militaires rentrent dans leurs casernes une fois la mission terminée. Chez nous, ils changent de treillis pour arborer des costumes civils et des discours frelatés. Le peuple, lui, n’est pas dupe.

Les seules élections crédibles seront celles organisées sans Mamady Doumbouya, par une autorité civile, consensuelle et transitoire, sur la base d’un chronogramme clair et respecté.

Tout le reste n’est que diversion, falsification, poudre aux yeux — ou devrais-je dire : poudre de Doumbouya.

Alpha Issagha Diallo


Écrivain, témoin du réel

(*) https://www.infosbruts.com/2025/08/08/et-si-mamady-doumbouya-etait-candidat-hypothese-davenir-ou-heresie-democratique/

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?