Contre La sansure

Burkina et Mali : deux anciens Premiers ministres, deux destinées

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Kyelem de Tambèla au Burkina Faso et Choguel Maïga au Mali suivent des trajectoires contrastées au sein de l’espace sahélien.

Les parcours récents de Kyelem de Tambèla au Burkina et de Choguel Maïga au Mali montrent des trajectoires différentes pour deux anciens Premiers ministres de transition dans l’espace sahélien, membres de la Confédération des États du Sahel (AES), aux côtés du Niger.

Nomination de Kyelem de Tambèla à l’IPN-Farafina

Le 13 août 2025, le Conseil des ministres du Burkina Faso a nommé Kyelem de Tambèla président de l’Institut des peuples noirs Farafina (IPN-Farafina). Cette nomination intervient huit mois après son départ de la Primature en décembre 2024, où il avait exercé pendant plus de deux ans sous la présidence du Capitaine Ibrahim Traoré.

L’IPN-Farafina, recréé en mai 2025, s’inscrit dans la politique de souveraineté culturelle du Burkina Faso. Selon le gouvernement, il s’agit d’une structure « panafricaine à vocation scientifique, idéologique, diplomatique et culturelle », dotée de la personnalité juridique et d’une autonomie de gestion. L’institut a pour missions la promotion du panafricanisme, la recherche sur les questions relatives aux peuples noirs et la formation d’élites dans une perspective souverainiste.

Situation judiciaire de Choguel Maïga

Au Mali, Choguel Maïga a été placé en garde à vue le 12 août 2025 par la brigade du Pôle national économique et financier de Bamako, à la suite d’une audition menée le 1er août. L’enquête porte sur la gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et de la Primature pendant son mandat.

Le rapport du Bureau du Vérificateur général (BVG) relève des dépenses jugées excessives et des irrégularités dans l’attribution de contrats et la gestion du Fonds AGEFAU. Choguel Maïga, qui présidait le conseil d’administration de l’AGEFAU, a été placé en garde à vue avec plusieurs anciens collaborateurs, dont le professeur Issiaka Ahmadou Singaré et trois anciens directeurs administratifs et financiers de la Primature. Avant son limogeage en novembre 2024, Maïga avait exprimé publiquement des critiques concernant la prolongation de la transition sans consultation du gouvernement.

Ces parcours montrent des approches différentes dans la gestion des anciens Premiers ministres au sein des régimes de transition sahéliens.

Au Burkina Faso, Kyelem de Tambèla retrouve une fonction publique alignée avec les priorités de l’État dans le domaine culturel et intellectuel. Au Mali, Choguel Maïga est confronté à une procédure judiciaire portant sur la gestion administrative et financière.

Dans l’AES, ces évolutions se déroulent parallèlement à la situation du Niger, où le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine est en poste depuis août 2023, après la prise du pouvoir par les militaires dirigés par le général Abdourahamane Tiani.

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