Contre La sansure

Cameroun : à l’aube des élections, une jeunesse tiraillée

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La jeunesse camerounaise oscille entre un désengagement croissant envers le processus électoral et une volonté émergente de provoquer un changement politique.

À quelques semaines de la présidentielle camerounaise, aux allures de déjà-vu, un vent de désintérêt souffle sur la jeunesse.

Cyrille Ambani, 28 ans, est moto-taximan. Il ne trouve aucun intêret à ces élections. « Franchement, je ne connais même pas la date des élections, ni les événements liés au scrutin », avoue-t-il au micro de la DW.

Derrière cette attitude, se profile un sentiment de frustration partagé dans la société. Beaucoup de jeunes expriment leur désillusion. « Tout ce que l’on peut voir, c’est que les candidats ne s’intéressent pas vraiment aux jeunes, ni à leurs problèmes quotidiens », assure-t-il.

Un système figé depuis plus de 40 ans

Ce décalage entre promesses électorales et réalités, nourrit un fossé croissant entre la jeunesse et les acteurs politiques. S’ajoute à cela une perception largement répandue d’un système verrouillé, piloté par Paul Biya, où leur vote ne pèserait pas, explique Robert Ntamack, soudeur.

« Ils font tout, comme toujours, pour contrôler l’appareil politique. C’est ce qui se fait depuis longtemps. Voilà pourquoi les jeunes aujourd’hui au Cameroun s’en foutent de la politique. Ils ne sont pas intéressés, parce qu’ils ne sont ni impliqués, ni consultés, ni respectés », affirme le spécialiste.

L’absence d’une opposition unifiée, la défiance persistante envers Elecam, la commission électorale et le Conseil constitutionnel, ainsi que la marginalisation de certains leaders politiques, nourrissent ce désengagement.

Une jeunesse qui veut changer les choses

Mais d’autres voix soulignent une dynamique différente. Pour Chanceline Boutchouang Nghomssi, président nationale de la Jeune Chambre Internationale au Cameroun, une partie de la jeunesse s’implique davantage.

« Depuis 2016, on constate que les jeunes se rendent massivement dans les bureaux d’Elecam pour s’inscrire. Depuis 2018, il y a de plus en plus de candidats jeunes », explique Chanceline Boutchouang Nghomssi. 

« Avec les réseaux sociaux, on voit aussi des influenceurs qui orientent leurs contenus vers la conscientisation et l’éveil citoyen. On assiste à un mouvement global de jeunes qui ont compris qu’ils doivent jouer leur rôle pour faire entendre leur voix. »

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