Guinée : Milliards en billets, crise persistante – où est passé l’argent des conteneurs ?
Alors que l’économie guinéenne suffoque sous le poids des dettes et des factures impayées, plusieurs conteneurs remplis de billets de banque auraient transité par le circuit étatique. En théorie, cet argent pouvait éponger les créances internes et relancer la machine. En pratique, il a pris une autre direction : le palais de la Présidence (M5), les Forces spéciales, et le financement occulte du projet de candidature du putschiste.
Des conteneurs pleins à craquer de billets de banques.
Un conteneur maritime de 40 pieds a une charge utile de 26 à 28 tonnes. Or, avec 1 gramme par billet, cela représente 26 à 28 millions de billets.
• En 10 000 GNF, chaque conteneur vaut environ 260 à 280 milliards GNF.
• En 20 000 GNF, c’est le double : 520 à 560 milliards GNF.
Cinq conteneurs équivalent donc à 2 600 à 2 800 milliards GNF (environ 300 millions USD). Une somme colossale dans un pays où quelques centaines de milliards suffiraient à solder la dette intérieure immédiate.
Une économie en asphyxie. Malgré cette injection de liquidités, rien n’a changé pour la majorité des Guinéens.
• Les fournisseurs de l’État n’ont pas été payés.
• Les médias restent étranglés par des créances impayées.
• Les salaires et services publics accusent toujours des retards.
En clair, la demande financière réelle – dettes intérieures, fonctionnement des services, soutien aux PME – n’a pas été satisfaite. L’argent n’a pas circulé dans l’économie productive.
Le détournement silencieux
Des sources concordantes confirment la trajectoire parallèle des fonds.
• M5 (palais présidentiel) a absorbé une part massive, véritable caisse noire du régime.
• Les Forces spéciales ont été arrosées pour maintenir la loyauté de leurs hommes.
• Une portion significative a financé le projet de candidature présidentielle, avec campagnes d’image, affichages et relais médiatiques.
• Enfin, une enveloppe occulte alimente l’escadron de la mort, pick-ups, armes et primes de terrain pour écraser la contestation.
Résultat : des conteneurs remplis de billets ont nourri la répression et l’ambition politique, pas le redressement économique.
Les Conséquences seront systémiques . Cette fuite des fonds engendre un triple effet pervers :
1. Inflation monétaire : plus de billets en circulation, mais pas d’impact productif.
2. Déficit de confiance : les prestataires refusent de travailler à crédit avec un État qui ne paie pas.
3. Aggravation de la pauvreté : les ménages subissent une crise prolongée, tandis que l’appareil répressif prospère.
Les chiffres ne mentent pas. Cinq conteneurs de 40 pieds pleins de billets pouvaient sauver l’économie guinéenne de l’asphyxie immédiate. Au lieu de cela, ils sont devenus la manne noire d’un régime obsédé par sa survie politique. La Guinée croule sous les dettes, mais ses dirigeants croulent sous les billets.
