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Elections en Afrique: ces indésirables opposants!

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Au Gabon, après avoir été mis hors course pour la présidentielle d’avril dernier, le leader syndicaliste Jean-Rémy Yama, vient d’être écarté de la course aux sièges très convoités de l’Assemblée nationale pour les législatives et les locales prévues le 27 septembre. En Guinée, les leaders politiques les plus en vue sont contraints à l’exil et leurs partis politiques suspendus, pendant que les cadres de la société civile disparaissent sans laisser de trace, dès qu’ils osent contredire le prince.

Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo qui erre entre des capitales africaines et occidentales, sans doute à cause de sa popularité reconnue et son charisme politique, est indésirable dans son pays où se profilent des échéances électorales.

Pourquoi Cellou Dalein Diallo fait-il autant peur au pouvoir de transition, notamment au général Mamadi Doumbouya, qui est sur le point de troquer le treillis militaire pour le boubou civil? Au Tchad, le maréchal Mahamat Idriss Deby, après avoir utilisé avec succès, Succès Masra, son opposant le plus virulent, pour apporter une onction démocratique à son élection, s’en est débarrassé, par justice interposée. Au Cameroun, Me Maurice Kamto, a subi le même sort des opposants éternels, évincé de la route de l’inamovible président de la république, Paul Biya qui garde toute sa jeunesse électorale à 92 ans, dont presque 43 passés aux affaires.

En Côte d’Ivoire, le modus operandi est le même. Des opposants, et pas des moindres, étant de trop sur la liste électorale sont devenus indésirables auprès du Conseil constitutionnel qui les a tout simplement recalés, malgré toutes les voies de recours dont ils ont usées. C’est ainsi que l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et Tidjane Thiam du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), sans autre forme de procès, ont été écartés de la course à la présidentielle du 25 octobre 2025. Dans leur sillage, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro de Générations et peuples solidaires (GPS), Charles Blé Goudé du Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP) et Pascal Affi N’Guessan du Front populaire ivoirien (FPI), ont été interdits de présidentielle pour cette année.

A qui profite le crime? Bien entendu au président sortant, Alassane Ouattara du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui s’est positionné pour sa propre succession. Certes, le candidat du parti au pouvoir peut s’abriter derrière le paravent tout trouvé de la loi qui a mis en veilleuse l’ambition présidentielle de ses adversaires. Cependant il a bien la prérogative, au nom du dialogue politique et surtout de la réconciliation nationale dont il s’est fait le chantre, pour sauver les noyés de la Commission électorale indépendante (CEI) et du Conseil constitutionnel. Les gentlemans, ça existe aussi en politique, non?

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