Contre La sansure

LE 21 SEPTEMBRE BOYCOTTONS L’IMPOSTURE !

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Le 21 septembre 2025, on présente aux Guinéens un leurre. On appelle cela un《référendum》, un mot noble qui sent bon la démocratie et la souveraineté du peuple. Mais ne nous y trompons pas. Ce scrutin n’a rien d’une consultation. C’est une mascarade, un habillage démocratique pour une opération de confiscation pure et simple du pouvoir.

Face à cette tromperie, l’abstention ou le boycott n’est ni de la lâcheté ni du désintérêt. C’est l’acte citoyen le plus puissant et le plus légitime qui nous reste. C’est le seul « non » qui ne pourra pas être falsifié, trafiqué ou compté dans le silence complice des urnes.

Pourquoi ce référendum est-il illégitime ?

D’abord, le fond : une Constitution sur mesure pour un homme. Le texte proposé n’est pas né d’un débat national. Il est taillé sur mesure pour légitimer et pérenniser le pouvoir du CNRD et de son leader, Mamadi Doumbouya. Il s’agit de graver dans le marbre d’une loi fondamentale les arrangements d’une transition.

Mais cette trahison a un goût particulièrement amer. Rappelons-nous la Charte de la transition ! Ce document, rédigé et juré sur l’honneur par le CNRD lui-même, était supposé être la boussole intangible de cette période. Le Colonel Doumbouya a lui-même pris l’engagement solennel, public et répété, de ne pas être candidat à une future élection présidentielle. Aujourd’hui, que reste-t-il de ce serment ? Il a été piétiné sans le moindre respect, balayé d’un revers de main. Comment pouvons-nous accorder le moindre crédit à une nouvelle Constitution rédigée par ceux qui bafouent allègrement leur propre loi fondamentale ? On ne bâtit pas l’avenir d’un pays sur la parole violée de ceux qui le dirigent.

Ensuite, la forme : un processus bâclé et excluant. Une véritable Constitution se discute, se négocie, se mûrit. Ici, tout a été fait dans le désordre et l’opacité. Où sont les grands débats publics ? Où est la participation inclusive ? Ce processus bâclé prouve une chose : on ne cherche pas l’adhésion, on cherche une approbation silencieuse. On impose, point final.

Boycotter, c’est exiger mieux pour la Guinée

Certains diront :《Il faut aller voter non》. Mais participer à une mascarade, c’est déjà lui accorder une once de crédibilité.

Voter《non》 dans une élection truquée d’avance, c’est alimenter la machine qui vous nie.

Le boycott massif et pacifique, lui, est un message clair et imparable. C’est dire :

-《Nous ne sommes pas dupes de votre jeu.》
-《Nous avons mémoire de vos promesses et nous voyons vos trahisons.》
-《La Guinée mérite mieux qu’une Constitution cousue de fil blanc pour un seul homme.》
-《Nous exigeons un vrai processus démocratique, inclusif et transparent.》

Ce n’est pas s’opposer par la violence. C’est opposer un silence assourdissant à ceux qui veulent nous faire parler sous la contrainte. C’est une résistance civile et digne.

Notre histoire mérite plus qu’un hold-up constitutionnel

La Guinée a connu trop de luttes, trop d’espoirs brisés et trop de promesses non tenues pour accepter que son destin soit verrouillé par un texte illégitime.

En nous abstenant massivement le 21 septembre, nous ne tournons pas le dos à l’avenir. Au contraire, nous nous battons pour lui. Nous refusons de cautionner l’imposture de ceux qui jurent aujourd’hui sur une Constitution qu’ils seront demain les premiers à violer, et nous exigeons le droit de construire, un jour, une vraie République sur de vraies bases.

Le vrai patriotisme, en ce moment, ne consiste pas à se précipiter vers les urnes, mais à les laisser vides. Pour que leur vide sonne comme un coup de tonnerre et rappelle à ceux qui nous gouvernent que la souveraineté appartient au peuple, et qu’elle ne se confisque pas.

Le 21 septembre, boycottons le simulacre pour sauver l’essentiel.

Abdoul Karim Diallo, Citoyen Guinéen

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