Contre La sansure

Aboubacar Diallo, le bâton qui a sauvé l’aveugle.

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Dans le paysage médiatique guinéen, peu d’hommes auront marqué leur époque comme Aboubacar Diallo, Directeur Général de FIM FM. Pendant des années, il a été ce bâton solide, celui qui soutient l’aveugle sur le chemin tortueux de la vérité, qui aide à franchir les obstacles jusqu’à ce que la lumière revienne. FIM FM, sous sa houlette, a résisté aux tempêtes politiques, aux intimidations et aux pressions économiques, offrant à la population une information libre, courageuse et professionnelle.

Pourtant, ironie du sort, voilà que cet homme qui a porté les autres est aujourd’hui la cible d’attaques venue de ceux qu’il a contribué à éclairer. Des internautes, souvent dissimulés derrière l’anonymat des réseaux sociaux, l’accusent, le critiquent, parfois même l’insultent, oubliant le rôle essentiel qu’il a joué pour défendre leur droit à l’information. C’est l’histoire classique de l’arbre qui cache la forêt : on oublie les racines solides dès que les fruits paraissent acquis.

Oui, Aboubacar Diallo n’est pas parfait – nul ne l’est – mais il a toujours fait preuve d’un courage rare, d’une constance que beaucoup envient en silence. Qu’on l’aime ou qu’on le conteste à cause de sa position actuelle, on ne peut nier qu’il a tenu le bâton quand d’autres fuyaient le terrain, qu’il a maintenu le cap quand la tentation du compromis semblait plus facile.

Aujourd’hui, les critiques pleuvent, souvent vides d’arguments, comme si la mémoire collective avait effacé les années de lutte, les sacrifices personnels, les nuits blanches pour que l’actualité guinéenne reste vivante et plurielle. Cette ingratitude est le reflet d’un mal plus profond. Le Guinéen a le goût ou l’habitude de consommer l’information sans reconnaître ceux(journalistes) qui, au prix de leur vie la rendent possible .

Retenez bien, Aboubacar Diallo n’a pas besoin de flatteries pour continuer sa mission. Comme le bâton du sage, il sait que son rôle n’est pas de plaire, mais de guider, quitte à être incompris. Et l’histoire elle, retiendra toujours que sans lui, beaucoup seraient restés dans l’obscurité.

Olladi Ibrahima

Journaliste.

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