Présidentielle 2025 : les attentes des Camerounais
Pour les Camerounais que la DW a pu joindre, tout est prioritaire après 42 ans de pouvoir de Paul Biya. Ils disent attendre des candidats, pas seulement des promesses, mais aussi et surtout des solutions concrètes à leurs problèmes quotidiens, notamment le coût de la vie qui ne cesse de grimper.
« Leur préoccupation immédiate, c’est que pour l’activité économique qui est menée, on puisse vendre et on puisse avoir un pouvoir d’achat et qu’on puisse se prendre en charge, prendre en charge sa famille et avoir suffisamment de ressources pour envoyer les enfants à l’école », estime Patrice Bigombe Logo, directeur du Centre de recherche et d’action pour le développement durable en Afrique (Cerad).
Les jeunes veulent des emplois
Pour les jeunes de moins de 35 ans, qui représentent près de 70 % de la population, se trouver un emploi décent n’est guère aisé et les candidats sont très attendus sur cette question, insiste le musicien et animateur radio, Albert Ekwa.
« Nous, les jeunes, nous avons des diplômes, mais pas de travail. Cela n’est pas normal. Nous avons besoin de travailler pour avoir de l’argent. Il y a des sociétés qui ont fermé parce qu’elles étaient asphyxiées par les impôts. Les jeunes au pays, franchement, ça ne va pas. Il faut que l’école soit gratuite, que la santé soit gratuite. Nous avons de l’eau, mais il y toujours des coupures. »
Joseph Désiré Zébazé est le coordonnateur national du Réseau camerounais des organisations des droits de l’Homme du Cameroun. Il déplore la fuite de nombreux jeunes faute d’emplois.
« Tout jeune diplômé aspire à une insertion professionnelle. L’offre locale n’étant pas très attrayante, on a cette évasion vers des pays tiers, d’abord de la sous-région, notamment le Gabon et la Guinée équatoriale,
Le défi des infrastructures
Autre préoccupation des Camerounais : le mauvais état des infrastructures routières qui nuit non seulement aux déplacements, mais aussi á la croissance économique du pays, selon Patrice Bigombe Logo, du Centre de recherche et d’action pour le développement durable en Afrique.
On ne peut pas travailler pour pouvoir être une économie émergente à l’horizon 2035 si on n’arrive pas à consolider le volet des infrastructures routières. Il y a un certain nombre d’axes routiers qu’il faudrait achever : l’autoroute Yaoundé-Douala, les voiries urbaines dans les grandes capitales comme Douala et Yaoundé et les capitales régionales. Il faut que le réseau routier soit remis en état. »
Le patronat aussi a des attentes
Le patronat camerounais attend également beaucoup des candidats en lice pour cette présidentielle. A travers le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), il a formulé cinq attentes clé : la réforme du système fiscal, l’accélération des infrastructures, la fin des délestages, la digitalisation efficace des services publics et la sécurité juridique et judiciaire.
Des propositions qui visent, selon le patronat, à bâtir un nouveau contrat économique entre l’État et le secteur privé, moteur de la croissance, de l’emploi et de l’innovation.
Le 12 octobre, Paul Biya briguera un nouveau septennat présidentiel face à 11 autres candidats. Âgé de 92 ans il est au pouvoir depuis 42 ans.
Par Georges Ibrahim Tounkara Journaliste au programme francophone de la Deutsche Welle
Source: https://www.dw.com/fr/cameroun-presidentielle-election-12-octobre/a-74153132
