Contre La sansure

Transition guinéenne : le grand théâtre de l’imposture !

0

Enfin, le masque est tombé. Pendant quatre longues années, la Guinée a vécu au rythme d’un scénario cousu de mensonges et de manipulations, un film monté avec cynisme, dont les acteurs ont su, tableau après tableau, tromper un peuple fatigué et désabusé.

Alpha Condé disait : « Plus le mensonge est gros, plus le Guinéen y croit. » Eh bien, jamais cette maxime n’aura trouvé écho plus criant que dans la mascarade de la transition.

On nous avait promis la « rectification institutionnelle », on nous avait chanté qu’il ne fallait pas répéter les erreurs du passé, qu’il fallait, dans un ordre méthodique, aller des élections locales jusqu’à la présidentielle. On nous a gavés de discours, bercés de promesses, et certains acteurs politiques et civils, naïfs ou lâches, se sont laissés embarquer.

Mais la vérité est là : le CNRD n’a jamais eu d’autre agenda que la confiscation du pouvoir. Tout le reste n’a été que poudre aux yeux. Charte de la transition bafouée, espace politique verrouillé, société civile muselée, médias étouffés.

Pour faire place nette, on a multiplié les disparitions forcées, les intimidations, les procès sur mesure. L’exil ou la prison pour les uns, le silence ou la compromission pour les autres. Voilà la véritable refondation : la terreur comme stratégie, la ruse comme méthode.

Et aujourd’hui, miracle ! Comme par enchantement, tout est prêt : PN-RAVEC ficelé, RGPH-4 bouclé, fichier électoral taillé sur mesure, DGE opaque, Constitution sans débat promulguée, Code électoral voté… et surtout, présidentielle calibrée pour couronner le nouveau monarque autoproclamé de la République de Simandou. En un temps record, les dés sont jetés, le scénario est verrouillé.

Désormais, il ne s’agit plus d’élections de la base au sommet, mais du sommet à la base. La pyramide est renversée, non par erreur, mais par calcul.

Un coup de maître dans le cynisme : transformer la transition en simple machine de confiscation du pouvoir.

Alors, faut-il rire ou pleurer ? Rire de tant de cynisme, ou pleurer sur la naïveté d’un peuple encore une fois abusé ?

Cette transition n’aura été qu’un immense mensonge, une imposture grotesque, une tragédie nationale servie avec arrogance.

Voilà donc comment on a « respecté le serment d’honneur ». Voilà comment on a « évité les erreurs du passé ». Voilà surtout comment on a, encore une fois, fait l’amour à la Guinée, ce pays qui ne cesse de payer le prix fort pour l’aveuglement et la trahison de ses dirigeants.

L’Histoire, hélas, bégaie toujours au détriment des mêmes : le peuple.

Et moi, simple citoyen, je n’ai que ma douleur pour témoigner.

Ibrahima Diallo

Citoyen de la République

Source: https://www.visionguinee.info/transition-guineenne-le-grand-theatre-de-limposture/

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?