Contre La sansure

Au pays des putschistes : quand l’école agonise pendant que leurs enfants prospèrent à l’étranger

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Ce matin encore, en Guinée, le théâtre de l’absurde continue sous la férule d’un régime putschiste qui bafoue tous les serments. Pendant que les salles de classe se vident et que les enseignants crient leur détresse dans le silence assourdissant du pouvoir, les enfants de ceux qui nous gouvernent étudient peinards dans des établissements prestigieux à l’étranger, à l’abri des turbulences qu’ils créent ici. Cette grève qui paralyse le pays ? Elle ne les empêche pas de dormir. Et pour cause : ils ne veulent surtout pas que vos enfants accèdent à la même qualité d’éducation que les leurs. Il faut maintenir la distance, préserver les privilèges, garantir que la compétition reste truquée dès le départ.

Le régime putschiste du CNRD a pourtant les poches pleines quand il s’agit d’acheter les consciences et de consolider son hold-up sur le pouvoir. Des véhicules haute game rutilants et hors de prix ? Distribués comme des bonbons à des soutiens dont le seul mérite est leur obéissance aveugle et leur trahison de la nation. Deux milliards de francs guinéens versés à chacun des huit autres candidats avant même que les élections du parjure n’aient lieu ? Aucun problème. L’argent coule à flots pour financer le simulacre, pour acheter le silence, pour entretenir la mascarade d’une légitimité qu’ils n’ont jamais eue et qu’ils n’auront jamais.

Mais quand les enseignants ces hommes et ces femmes qui forment l’avenir de ce pays, qui façonnent les esprits de demain, qui sont les véritables bâtisseurs de la nation réclament simplement de quoi vivre dignement, de quoi faire leur travail dans des conditions acceptables, là, miraculeusement, il n’y a plus rien. Plus de moyens, plus de volonté, plus d’urgence. La caisse des putshistes se referme brutalement. Les priorités du CNRD sont ailleurs cest à dire dans la répression, dans la propagande, dans le maintien illégal au pouvoir.

Comprenons-le bien car un pays qui néglige ses enseignants est un pays qui se suicide à petit feu. Des enseignants bien formés, bien payés, bien équipés, ce n’est pas un luxe, c’est la condition sine qua non du développement. C’est eux qui transmettent le savoir, qui éveillent les consciences, qui préparent les ingénieurs, les médecins, les leaders de demain. Sans enseignants motivés et respectés, il n’y a pas d’école digne de ce nom. Sans école digne de ce nom, il n’y a pas d’avenir. C’est aussi simple que cela. Mais ce régime putschiste le sait très bien. Il préfère une jeunesse ignorante, malléable, corvéable. Il préfère des générations sacrifiées qui ne pourront jamais remettre en question son règne obscur.

Pendant ce temps, le spectacle est désolant. Les écoles restent fermées. Des milliers d’élèves errent sans encadrement, livrés à eux-mêmes, leur avenir sacrifié sur l’autel de l’indifférence et du mépris. La colère monte, sourde mais réelle, dans les foyers guinéens. Le système éducatif, déjà fragile, s’enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos organisé par ceux-là mêmes qui prétendent nous gouverner. Et eux, au sommet de leur imposture, continuent de parader, imperturbables, arrogants, méprisant le peuple qui les a vus prendre le pouvoir par la force.

Voilà la réalité crue de la Guinée sous le CNRD c’est à dire des milliards pour la propagande, pour la confiscation du pouvoir, pour nourrir une machine clientéliste et corrompue jusqu’à la moelle. Et pour l’école guinéenne, pour l’avenir de nos enfants, pour la dignité de ceux qui enseignent ? Du mépris mêlé d’arrogance. Comme toujours. Comme si l’avenir de toute une génération ne valait pas le prix d’un seul de leurs vehicules volés au peuple.

Ce régime putschiste passera, comme tous les régimes bâtis sur le mensonge et la violence. Mais les dégâts qu’il inflige à notre système éducatif, eux, dureront des décennies. L’histoire retiendra que pendant qu’ils distribuaient des milliards à leurs complices, ils ont laissé pourrir l’école guinéenne. L’histoire retiendra leur crime contre l’avenir.

Abdoul Karim Diallo, Citoyen guinéen indigné

《Un peuple sans éducation est un peuple sans armes face à l’oppression.》

Le choix de l’Image à la UNE est de l’auteur

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