Conakry : Mamadi Doumbouya face à une tempête sécuritaire sans précédent
Depuis le Conseil de défense du 28 novembre dernier, le climat au sommet du pouvoir militaire guinéen s’est considérablement durci. Le Général Mamadi Doumbouya, chef de la junte, multiplie les signaux de méfiance et resserre l’étau autour de ses propres collaborateurs.
Les auditions, les mutations et les surveillances renforcées se succèdent, révélant une crise de confiance profonde au sein de l’appareil sécuritaire. L’opération « Roméo » se renforce et s’élargit avec l’arrestation d’une dizaine de militaires.
L’audition du général Abdoulaye Keita : un tournant ?
Les 4 et 5 décembre, le très redouté chef d’État-major de l’armée de terre, le général Abdoulaye Keita alias commando « fakhé », a été convoqué au haut commandement de la gendarmerie. Selon nos sources, il a été contraint de déposer ses documents de voyage auprès de la direction d’investigation judiciaire. Motif : un échange téléphonique d’environs 2 minutes avec l’ancien président Alpha Condé en novembre. Les enquêteurs cherchent à établir si ce contact est lié à une tentative de subversion imputée à des proches de l’ex-chef d’État.
Depuis cette audition, la garde rapprochée du général Keita a été réduite, et les mouvements autour de son domicile sont durcis.
Méfiance au sein du BATA et des forces spéciales
Au sein du Bataillon Autonome des Troupes Aéroportées (BATA), l’interrogatoire du « commando fakayé » est perçu comme une seconde humiliation. Plusieurs anciens militaires redoutent un scénario similaire à celui du Général Sadiba Coulibaly, autre figure tombée en disgrâce. Les forces spéciales, dont une grande partie est issue du BATA, s’inquiètent. La loyauté de certains officiers est désormais mise en doute, accentuant les fractures internes.
Les équations multiples de Doumbouya
Le chef de la junte doit composer avec plusieurs foyers de suspicion : Amara Camara, soupçonné de liens avec la société Guinée Alumina Corporation (GAC). Idi Amin, ministre de la Défense, accusé d’avoir tenu des réunions discrètes avec Balla Samoura et des officiers de Faranah. Le coup de téléphone entre Alpha Condé et Abdoulaye Keita, qui reste au cœur des interrogations.
Ces affaires alimentent un climat de paranoïa et de rivalités, où chaque officier peut devenir une cible potentielle.
Kaloum sous haute surveillance
Face à ces tensions, Mamadi Doumbouya concentre désormais ses efforts sur la sécurisation de la presqu’île de Kaloum, siège des institutions et du pouvoir. La supervision est confiée au colonel Mouctar Kaba, alias « Spartacus ». La surveillance de la capitale est réduite, laissant le reste de Conakry sous la responsabilité des nouveaux commandants du GIGN, nommés le 11 décembre.
La gestion de la crise par Mamadi Doumbouya révèle un verrouillage sécuritaire systématique. Doumbouya en est conscient de la fragilité au sein de son propre camp. Entre auditions, suspicions et réaffectations, le patron de la junte après avoir trahi les jeunes qui l’ont porté au pouvoir s’enferme dans une logique de méfiance généralisée.
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