Contre La sansure

La détresse des camionneurs au Mali

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Plusieurs stations-service restent fermées en raison des attaques du JNIM. Escortés par l’armée, les camionneurs risquent leur vie pour approvisionner le pays en carburant.

 

Nous avons l’un des camionneurs, qui a préféré garder l’anonymat. Il parcourt le trajet Bamako–Abidjan–Yamoussoukro depuis plusieurs années. Pour lui, aujourd’hui, tout a changé :

« Avant, on faisait l’aller-retourBamako–Abidjan–Yamoussoukro en trois jours et on partait là où on voulait. Autrement dit, lorsqu’on quittait Bamako, on arrivait à Kadiana, à la frontière ivoirienne, le troisième jour. Que ce soit à Abidjan ou à Yamoussoukro, le chargement était bouclé en 72 heures », raconte ce camionneur.

« Aujourd’hui, nous ne contrôlons plus rien. Nous faisons escale à Bougouni puis à Kolondieba, avant de rejoindre notre destination finale. Le trajet prend plus de temps car le convoi est escorté par l’armée. »

Des voitures font la queue devant une station service
Même s’il y a de nouveau du carburant, ce ne sont que de très faibles quantités. Résultat : il y a la queue à la moindre station-service de la capitale malienne. Image : Imirana Kilou Maiga/Anadolu/picture alliance

Un sacrifice « pour la patrie »

Début décembre, cinquante-huit d’entre eux ont été décorés, dont vingt-sept à titre posthume de la médaille de l’étoile d’argent du mérite national par les autorités de la transition malienne. Nombreux sont les Maliens qui saluent leur courage.

« Nous faisons preuve de courage et de sacrifice en ces moments difficiles. Nous le faisons pour la patrie. C’est notre devoir d’approvisionner le pays en carburant. Les autorités font beaucoup pour nous sécuriser, mais elles doivent redoubler d’efforts. Le trajet Bamako–Bougouni est devenu un véritable enfer : on ne peut plus circuler sans escorte à cause des attaques qui se multiplient dans la zone », assure-t-il.

Pour l’enseignant-chercheur Djibril Diallo, une patrouille permanente des FAMa, les forces armées maliennes, à la frontière serait nécessaire pour sécuriser les convois de camions-citernes et mettre fin au blocage.

« À mon avis, il faudrait que les statistiques nous donnent des chiffres fiables afin que l’État puisse revoir sa politique et organiser l’acheminement de carburant capable de couvrir les besoins de Bamako pendant une semaine, voire un mois, en un ou deux convois, en collaboration avec les opérateurs pétroliers », estime Djibril Diallo.

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