Contre La sansure

La transition ou le festin des charognards : qui dévore la Guinée ? (Par Elhadj Aziz Bah)

0

Promesse de renouveau, la transition guinéenne s’est muée en banquet pour affamés du pouvoir. Autour de Mamadi Doumbouya, une cour d’opportunistes sans envergure orchestre le pillage des espoirs d’un peuple.

À quelques jours d’une élection déjà jouée d’avance, l’auteur dresse le constat implacable d’un naufrage politique où les charognards se disputent les restes d’un idéal sacrifié sur l’autel des ambitions personnelles.

Quand le pouvoir attire les vautours

Mamadi Doumbouya est devenu ce que le philosophe Montesquieu redoutait : un homme entouré de courtisans plutôt que de citoyens. Autour de lui s’agglutinent les parasites du pouvoir, cette faune d’opportunistes sans foi ni loi qui flairent les miettes de l’autorité comme des charognards un festin. « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument », disait Lord Acton.

Nous y sommes. Le chef de la transition s’est métamorphosé en vache à traire pour une meute d’affairistes sans scrupules, de politiciens recyclés et de transfuges professionnels. Ces soutiens n’ont ni substance ni légitimité. Ils n’ont pas d’ancrage dans le peuple, pas de base militante, pas de vision pour demain. Ils ont seulement une soif : celle du pouvoir par procuration.

L’imposture des hommes creux

Ces alliés de dernière heure incarnent ce que T.S. Eliot appelait les « hommes creux » : « Nous sommes les hommes creux, les hommes empaillés, qui s’appuient les uns sur les autres. » Ils parlent haut mais pensent bas. Ils promettent monts et merveilles mais ne livrent que déceptions et trahisons. Où sont les bâtisseurs ? Où sont les visionnaires ? Où sont ceux qui portent dans leur cœur la souffrance et l’espoir du peuple ? Ils ont été remplacés par des marchands d’illusions, des calculateurs sans âme qui transforment chaque élection en braderie de consciences.

Une élection, un enterrement

Cette élection ne sera pas un moment de gloire. Elle sera un enterrement de première classe : celui de nos espérances. « Les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur », avertissait Stendhal. Mais quelle audace peut-on attendre quand le choix n’en est pas un ? Quand les dés sont pipés et que le théâtre démocratique n’est qu’une farce jouée devant un peuple devenu spectateur de sa propre déchéance ?

Ce scrutin restera dans les annales comme un rendez-vous manqué avec l’Histoire, une occasion gâchée de tourner véritablement la page et d’écrire un nouveau chapitre de dignité nationale.

Le peuple se souviendra

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps », affirmait Abraham Lincoln. Le masque finira par tomber. Les maquillages s’effaceront. Et quand viendra l’heure des comptes, ces opportunistes disparaîtront aussi vite qu’ils sont apparus, laissant derrière eux les ruines de leurs promesses.

Le peuple mérite des leaders authentiques, enracinés dans ses réalités et porteurs d’un projet qui le transcende. Pas des marionnettistes tirant les ficelles d’un pouvoir factice. Pas des imposteurs déguisés en sauveurs.

L’Histoire est impitoyable

Victor Hugo nous l’a enseigné : « L’avenir a plusieurs noms. Pour les faibles, il se nomme l’impossible ; pour les timides, il se nomme l’inconnu ; pour les vaillants, il se nomme l’idéal. » Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Nous pouvons accepter cette mascarade et courber l’échine. Ou nous pouvons refuser cette insulte à notre intelligence collective et exiger mieux, plus haut, plus juste.

Car l’Histoire, elle, ne pardonne pas. Elle grave dans le marbre les noms des traîtres et des opportunistes. Elle immortalise aussi ceux qui ont eu le courage de dire non quand tous disaient oui.

D’ailleurs, le candidat Mamadi Doumbouya semble avoir parfaitement saisi la situation et refuse désormais de se prêter à leurs manœuvres propagandistes. Son mutisme calculé et l’intensité des émotions qui traversent son visage trahissent une désillusion profonde face à cette cohorte d’opportunistes sans vergogne.

L’après 28 décembre pourrait bien marquer l’aube d’une véritable refondation. C’est en tout cas le vœu que je formule avec espoir et conviction !

Le verdict sera sans appel.

A bon entendeur salut ! D’ici-là, merci de contribuer au débat.

Elhadj Aziz Bah

Note de l’auteur : Acceptons la pluralité d’idées. Pas d’injures, et rien que d’arguments.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?