Guerre au Soudan : des Tchadiens accusés de complicité
Le Tchad a ratifié le Statut de Rome, fondateur de la Cour pénale internationale, en novembre 2006. Les avocats estiment qu’à ce titre, les responsables tchadiens ciblés peuvent comparaître devant la CPI.
La position du Tchad
Pour l’universitaire et analyste politique Yamingué Betinbaye, le Tchad qui a toujours nié son implication dans le conflit au Soudan devrait plutôt se préparer en conséquence. Le Tchad, assure-t-il, « ne se reconnaît pas dans cette accusation de recevoir et de transmettre des armes, des munitions et du matériel militaire au FSR ».
Alors poursuit-il, dans la perspective d’une éventuelle procédure au niveau de la Cour Pénale Internationale « il va falloir que les autorités tchadiennes réunissent de leur côté aussi des pièces qui pourraient les disculper ». Ce qui selon l’universitaire ne signifie « peut-être pas immédiatement qu’un dossier sera ouvert au niveau de la Cour Pénale Internationale contre le Tchad sur cette question mais dès lors que l’affaire s’est judiciarisée, le Tchad devrait se préparer en conséquence ».
Le conflit au Soudan a poussé en exil au Tchad entre 1 million et 1,5 million de Soudanais.
Ni le ministre de la Justice ni le porte-parole du gouvernement tchadien n’ont répondu à nos demandes d’interview sur la plainte déposée à la CPI. A noter que Priority Peace Sudan, à l’origine de ces accusations, est une association fondée en novembre 2025, dont la mission est de promouvoir la paix, la démocratie et l’Etat de droit au Soudan.
Correspondant au Tchad pour le programme francophone de la Deutsche Welle
https://www.dw.com/fr/tchad-justice-guerre-soudan-bourdon-cpi/a-75235820
