Même candidat, Mamadi Doumbouya restait chef de l’État : il lui appartenait de s’adresser à la Nation
Gouverner, c’est aussi savoir communiquer de manière efficace. Et communiquer ne se réduit pas au simple fait de parler. Il faut anticiper, expliquer et rassurer.
La première erreur a été de ne pas informer à l’avance l’opinion publique que Mamadi Doumbouya ne prononcerait pas le traditionnel discours de Nouvel An. En se taisant sans explication valable, les autorités ont offert un terrain fertile à la rumeur. Or, nous savons tous qu’une fois la rumeur installée, il est toujours difficile de la contenir.
L’autre erreur grave réside dans la décision même de ne pas tenir de discours, ainsi que dans la justification avancée : le fait qu’il était l’un des candidats en attente des résultats officiels. Même candidat, il demeurait toujours le chef de l’État jusqu’à l’installation d’un nouveau. À ce titre, il lui appartenait de s’adresser à la Nation.
On ne peut sérieusement pas nous dire que le pays avait cessé d’être gouverné par le président depuis le début de la campagne électorale, et qu’il n’exercerait plus ses fonctions ou ne résiderait plus au palais. Cet argument ne tient pas.
D’ailleurs, si l’on s’en tenait à cet argument, il aurait alors dû rester dans son silence jusqu’après la nouvelle prestation de serment. Ou bien n’y aura-t-il plus de prestation de serment après ce qui s’est passé lors de la dernière ?

Diriger un pays exige une communication claire, régulière et responsable. La transparence sur la situation de l’État et sur ceux qui l’incarnent n’est pas une faveur que l’on accorde au peuple quand on le veut. C’est un droit fondamental des citoyens, auquel les gouvernants ne sauraient se soustraire.
D’ailleurs, même l’état de santé du président devrait, en principe, faire l’objet d’une communication officielle. Étant humain, il est normal qu’il tombe malade. Les citoyens le comprendraient, car eux aussi tombent malade.
En politique, le silence n’aide jamais ; il alimente toujours le doute. Se taire, c’est permettre aux autres de parler et aux rumeurs de s’installer !
Abdoulaye J. Barry
Source: https://www.visionguinee.info/
