Contre La sansure

Financement du développement: Le président de la Bad appelle à un nouveau pacte stratégique Afrique–Monde arabe

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Journée historique, le 13 janvier 2025, à Abidjan. Pour la première fois, la capitale économique ivoirienne a accueilli une consultation de haut niveau entre le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) et le Groupe de coordination arabe, avec un objectif clair : refonder et amplifier la coopération Afrique–Monde arabe afin de répondre au défi du financement du développement à grande échelle.

Face à l’ampleur inédite des besoins du continent, le président du Groupe de la Bad a livré un plaidoyer sans détour pour une coopération arabo-africaine plus ambitieuse, plus structurée et résolument tournée vers l’impact.

S’exprimant devant un parterre de hauts dirigeants des institutions arabes de financement du développement, Dr Sidi Ould Tah a qualifié la rencontre d’ « historique », soulignant qu’il s’agissait de la toute première réunion collective du Groupe de coordination arabe à Abidjan, siège de la Bad. Un signal fort, selon lui, d’un partenariat fondé sur la confiance, l’ambition partagée et la volonté commune de changer d’échelle dans le financement du développement africain.

Le président de la Bad a replacé cette consultation dans un contexte hautement symbolique : le cinquantième anniversaire du Groupe de coordination arabe. Cinquante années d’actions collectives en faveur du développement en Afrique et dans le Sud global, marquées par le financement de plus de 13 000 projets, dont une majorité sur le continent africain. « Ce jubilé est bien plus qu’un anniversaire », a-t-il souligné, y voyant la preuve de la pertinence et de la capacité d’exécution d’un groupe qui, depuis cinq décennies, accompagne les pays aussi bien dans les périodes d’opportunités que dans les moments de crise. Fin 2024, les contributions du Groupe de coordination arabe en Afrique dépassaient 154 milliards de dollars, investis dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la santé, l’éducation et le capital humain.

Au cœur du discours de Dr Sidi Ould Tah, la démographie s’est imposée comme un facteur déterminant. L’Afrique, continent le plus jeune du monde avec un âge médian d’environ 19 ans, partage avec le monde arabe une réalité similaire : une population majoritairement jeune, avide d’emplois et d’opportunités économiques.

Pour le président de la Bad, cette convergence démographique rend le renforcement de la coopération arabo-africaine incontournable. « Il s’agit de transformer ce défi commun en dividende économique », a-t-il insisté, appelant à des investissements massifs dans l’éducation, le développement des compétences, l’énergie et les services de base, afin de créer des perspectives économiques à la hauteur des attentes de la jeunesse.

Dr Sidi Ould Tah n’a pas éludé les contraintes actuelles. Chocs exogènes successifs, renchérissement du coût du crédit, pressions budgétaires et impératif d’industrialisation : le continent fait face à un déficit de financement du développement sans précédent, alors même qu’il demeure l’une des frontières de croissance les plus prometteuses au monde.

Dans ce contexte, il a été catégorique : « Le statu quo n’est plus une option ». Une coopération fragmentée, limitée à des projets isolés ne peut plus répondre à l’ampleur ni à l’urgence des besoins africains. Le président de la Bad a plaidé pour un partenariat plus stratégique et plus catalytique, capable de mobiliser des capitaux publics et privés à grande échelle, de mieux partager les risques et d’aligner les financements de long terme sur les priorités de développement du continent.

 

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En saluant l’hospitalité des autorités ivoiriennes, il a rappelé que la Côte d’Ivoire incarne aujourd’hui le dynamisme économique africain, porté par des réformes structurelles et des investissements soutenus. Les financements du Groupe de coordination arabe y ont contribué de manière significative, notamment dans les infrastructures, l’énergie et les secteurs sociaux.

Pour Dr Sidi Ould Tah, la tenue de cette consultation à Abidjan illustre à la fois l’impact de la coopération passée et la promesse d’un partenariat renouvelé, mieux aligné sur les priorités africaines et les exigences de performance économique.

Le président de la Bad a, enfin, appelé les institutions arabes et africaines à faire de cette consultation un point de bascule : passer d’une logique d’addition de projets à une véritable architecture de coopération institutionnelle, orientée vers les résultats, l’impact et la transformation structurelle des économies africaines. Un message clair : dans un environnement mondial sous tension, l’alliance Afrique–Monde arabe doit désormais jouer en première division de la finance du développement.

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