La première année du mandat Trump 2 vue depuis la RDC
Par Jean-Noël Ba-Mweze
Correspondant à Kinshasa en RDC
Dans l’est de la République démocratique du Congo, les accords conclus avec le Rwanda à Washington n’ont pas encore restauré la paix.
Malgré leur validation, en décembre dernier à Washington, les choses n’ont évolué que sur le papier, tandis que les combats se poursuivent sur le terrain.
Entérinés le 4 décembre dernier, à Washington, par les présidents congolaisFélix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame, les accords, signés le 27 juin par les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda, étaient censés ouvrir la voie à un retour de la paix durable dans l’est de la RDC.
Mais plus d’un mois après cette étape diplomatique, les avancées restent largement théoriques.
Des combats sur le terrain
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent entre les forces armées congolaises et les rebelles de l’AFC-M23 soutenus par le Rwanda. Les populations civiles restent prises au piège.
C’est ce qu’explique Néné Bintu, la présidente du bureau de coordination de la société civile de la province du Sud-Kivu :
« Les combats s’intensifient sur toutes les lignes de front, détaille-t-elle, que ça soit au Nord-Kivu ou au Sud-Kivu. Le cessez-le-feu n’est pas respecté. Chaque affrontement occasionne des déplacements massifs de population, des décès. Ça aggrave la crise alimentaire, ça aggrave la situation humanitaire des ménages d’accueil déjà appauvris. Les banques ne fonctionnent pas. Donc, pour nous, il n’y a pas encore ce que nous attendions. A savoir la cessation des hostilités.”
Problème de suivi des accords
Josaphat Musamba, doctorant en études des conflits et développement à l’université de Gand, en Belgique, doute que les accords de Washington soient respectés. Il estime que les négociations bloquent sur la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR, une rébellion opposée au pouvoir de Kigali qui opère depuis le territoire congolais :
« Kinshasa a commencé le processus de sensibilisation, mais celui-ci n’est pas suffisamment approfondi pour amener les FDLR à partir. L’accord était, au départ, mal négocié parce qu’on ne peut pas traquer les FDLR aujourd’hui, tant qu’ils sont dans les zones contrôlées par l’AFC-M23 et les RDF (les forces armées rwandaises, ndlr) ont des accès sur ces zones-là. Donc, déjà, dès le départ, l’accord a eu des soucis.”
Près d’une semaine après l’entérinement de l’accord de paix de Washington, les rebelles de l’AFC-M23 ont en effet pris le contrôle d’Uvira, la deuxième ville de la province du Sud-Kivu.
Ceux-ci se sont retirés le week-end dernier, après plus d’un mois d’occupation. La société civile locale affirme qu’ils ont forcé à partir avec eux certains membres de la communauté Banyamulenge, un groupe parlant le kinyarwanda.
Lettre à Donald Trump
C’est dans ce contexte que les Banyamulenge, résidant aux États-Unis, ont adressé une lettre au président Donald Trump. Ils dénoncent le départ forcé de leurs proches vers le Rwanda.
L’analyste Josaphat Musamba affirme pour sa part que la communauté Banyamulenge est divisée entre les partisans de Kinshasa et de Kigali.
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