Contre La sansure

Guinée : un arrangement discret entre Alexeï Mordachov et la junte met fin à une créance de 275 millions de dollars

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Selon des informations révélées par le journaliste français Thomas Dietrich, l’État guinéen aurait renoncé ces derniers mois à recouvrer une créance de plus de 275 millions de dollars due par l’oligarque russe Alexeï Mordachov, proche du Kremlin et propriétaire du groupe minier Nordgold, exploitant de la mine d’or de Lefa, dans le nord-est du pays.

Une dette héritée du régime d’Alpha Condé

Depuis la présidence d’Alpha Condé, Conakry réclamait à Nordgold le paiement d’une importante créance liée à l’exploitation de Lefa. Malgré plusieurs relances, le groupe russe n’avait jamais réglé la somme due.

À son arrivée au pouvoir en septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya avait relancé le dossier. Le régime avait mandaté un avocat norvégien ainsi qu’une société suisse pour tenter de récupérer les fonds, une démarche révélée à l’époque par Africa Intelligence.

Un recouvrement stoppé net

Mais selon les informations obtenues par Thomas Dietrich, cette procédure a été brusquement interrompue sur instruction directe du pouvoir guinéen. En coulisses, un accord à l’amiable aurait été conclu entre l’entourage de Mordachov et des responsables guinéens.

D’après ces révélations, des fonds auraient été versés de manière informelle à Amara Camara, secrétaire général de la présidence. Une transaction opaque qui, si elle est confirmée, priverait l’État guinéen de plus de 200 millions de dollars de recettes publiques.

Nordgold continue d’exploiter Lefa en toute tranquillité

Malgré les sanctions internationales visant Mordachov depuis l’invasion russe de l’Ukraine, Nordgold poursuit ses activités en Guinée. L’or extrait de Lefa transiterait par le Mali afin d’éviter les restrictions financières imposées au milliardaire russe.

Des réseaux d’influence bien établis

Alexeï Mordachov s’appuie depuis plusieurs années sur un réseau d’intermédiaires en Afrique, dont l’homme d’affaires mauritanien Yacoub Sidya, réputé proche de cercles français. Une proximité qui pourrait, selon Dietrich, expliquer la relative discrétion de Paris face aux opérations controversées de Nordgold en Guinée.

Source: https://koumamedia.com/

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