Contre La sansure

Lettre destinée à ma génération

0

Chère Génération,

Permettez que je vous parle avec la gravité et la lucidité que réclame notre époque,
une époque où le monde avance à une vitesse inouïe,
où la science franchit les étoiles, où les nations explorent d’autres planètes,
et pourtant, combien parmi vous se perdent dans la futilité,
se complaisent dans le bruit et les distractions,
ou se battent pour des conquêtes éphémères,
comme si l’instantané pouvait remplacer la sagesse et le devoir ?

Regardez autour de vous :
la pauvreté frappe encore trop de foyers,
l’accès à l’éducation et à la formation demeure un privilège rare,
et beaucoup, au lieu de se former,
laissent passer leur chance dans des querelles futiles ou des jeux d’apparence.

Lorsque les sages vous observent, ils sont dépassés,
ils constatent avec effroi que certains se battent pour goûter la chose publique,
comme s’il s’agissait d’un festin à dévorer,
sans droiture, sans honnêteté, parfois même au prix de leur propre dignité.

Et pendant ce temps, les puissances extérieures –
ces impérialistes flottant dans l’air, dans la mer,
aux frontières et jusque dans la connexion fragile entre États
regardent, attendent, calculent,
prêts à exploiter votre désordre, à profiter de votre division,
afin que vous demeuriez coincés dans un état précambrien de société,
sans grandeur, sans vision, sans ambition véritable…

Quel drame !
Et comme si cela ne suffisait pas, d’autres se donnent pour profession la vente des innocents,
des esprits qui voient le monde autrement que le bruit,
des âmes curieuses, des talents éclairés,
les transformant en marchandise,
en instruments pour le plaisir d’un petit clan fort de sa force brute.

Lorsque tout va bien, c’est la communauté entière qui devrait en bénéficier,
mais non, le pouvoir et le savoir sont accaparés, détournés, monopolisés,
comme si l’égoïsme pouvait remplacer la justice et la sagesse.

Et vous êtes nombreux à fêter l’injustice,
à applaudir le mal qui triomphe ou la loi qui écrase,
mais quand il s’agit de la combattre réellement,
vous fouillez au profil du moment,
vous adaptez votre conscience à la circonstance,
comme si la vérité et le courage étaient des marchandises de luxe.
Dans votre société, ceux qui sont censés changer les choses
sont devenus des artisans de la stagnation,
par la pauvreté, le manque de lucidité, la peur d’être emprisonné ou kidnappé,
et l’on pourrait se demander avec frayeur :
est-ce que nous sommes condamnés à vivre dans cette terreur ?

Est-ce qu’il n’existe pas d’autres formes de fonctionnement,
plus justes, plus courageuses, plus humaines ?

Chère Génération,
écoutez avec sérieux : ce qui manque à beaucoup parmi vous, ce ne sont pas les talents,
mais les vertus qui transforment le talent en grandeur durable.
L’intégrité, cette fidélité à ses engagements,
qui empêche de céder à la corruption, à la facilité ou au gain immédiat,
qui guide chaque parole et chaque action, même lorsque nul ne regarde.
L’honnêteté et la sincérité, qui exigent de reconnaître ses forces comme ses faiblesses,
de ne pas dissimuler ses erreurs derrière des illusions,
et de servir la nation sans duplicité ni arrière-pensée.

Le courage, qui permet de relever les défis,
d’affronter l’injustice et de persévérer dans l’adversité,
même lorsque l’échec menace et que le confort de la lâcheté tente de vous séduire.
La discipline, alliée de la constance et de la maîtrise,
qui transforme l’effort en accomplissement durable,
qui impose de résister aux distractions et à la facilité.

La patience, précieuse alliée,
qui enseigne que les grandes choses se construisent lentement,
que l’instantanéité est l’ennemie de la grandeur et de la pérennité.

La solidarité et la compassion,
qui obligent à tendre la main aux plus faibles,
à comprendre que la force de la communauté réside dans le respect et l’attention à tous,
et que la prospérité ne profite réellement que si elle est partagée.

La responsabilité,
qui vous commande de mesurer l’impact de vos actes,
de réfléchir avant de parler ou d’agir,
et de ne jamais sacrifier le bien commun pour un gain personnel.

L’humilité,
qui rappelle que le savoir, la puissance et l’influence ne valent rien si elles ne servent pas les autres,
et que se croire supérieur est le premier pas vers la chute.

Chère Génération,
révélez-vous pour l’amour du CIEL !

Ne soyez pas spectateurs, ni esclaves de l’apparence, ni victimes de votre indolence.
Soyez acteurs, sculpteurs de votre destin, gardiens de la dignité,
éveilleurs de conscience et bâtisseurs d’un avenir durable.

Que vos rires éclairent, que vos critiques construisent,
que vos talents servent le bien commun, et que vos actions inspirent.

Une génération qui ignore ces vertus se perd,
et permet à d’autres de dicter son sort,
de manipuler ses ressources,
de maintenir sa société dans l’état précambrien que l’histoire méprise.

Mais si vous cultivez courage, intégrité, honnêteté, sincérité, discipline, patience, solidarité, humilité et persévérance,
alors vous serez celle qui transforme son époque,
qui élève la nation, fortifie les liens sociaux,
et laisse une trace lumineuse et durable dans l’histoire.

Chère Génération,
je vous adresse cette lettre comme un flambeau,
afin que vos actions, vos pensées et vos vertus soient le témoignage d’une grandeur qui ne s’éteint pas,
qui ne se mesure ni au bruit, ni à l’apparence,
mais à la lumière que vous apportez au monde, à votre peuple et à vous-mêmes.

Tontigui Nondy

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?