Burkina Faso : bientôt la fin des délestages électriques ?
Au Burkina Faso, une annonce relance l’espoir face aux délestages. Une entreprise émiratie annonce la construction d’une centrale thermique de 200 mégawatts à Ouagadougou. Un projet de 180 millions d’euros censé renforcer l’offre en électricité dans un pays confronté à un faible taux de couverture électrique.
Des coupures intempestives
Dans un quartier du centre-ville de Ouagadougou, Hélène Ouedraogo est assise devant un poste téléviseur. Dans la fraîcheur de ce mois de janvier, les coupures d’électricité se font rares, mais il n’en est pas toujours ainsi.
Hélène rappelle qu’il y a » tellement de délestages » notamment pendant les périodes de fortes chaleurs. Une situation qui « ralentit les activités et qui fatigue même la population », selon la jeune femme qui précise que ce sont « surtout ceux qui travaillent beaucoup avec l’électricité » qui sont affectés. « C’est vraiment pénible pour eux pendant cette période-là » déplore Hélène.
Dans un autre quartier de la capitale, les coupures intempestives de courant n’ont pas cessé, selon Jules Sawadogo qui exerce le métier de soudeur.
« A Ouaga, on souffre. On nous disait que dans le mois d’avril parce que les appareils se chauffent, tous les quartiers ne peuvent pas être servis au même moment et qu’il fallait alors couper dans certains quartiers pour alimenter d’autres quartiers. Et actuellement il fait frais mais souvent tu te retrouves avec des délestages qu’on ne comprend pas » déplore-t-il.

La société nationale d’électricité du Burkina Faso, Sonabel, dispose d’une capacité de 625 Mwh. Insuffisant pour faire face à la demande d’une population qui a des besoins croissants en énergie. Cela conduit le pays à importer de l’électricité du Ghana et de la Côte d’Ivoire.
Un projet qui redonne de l’espoir
Une situation qui pourrait trouver une issue avec la mise en œuvre de nouveaux projets énergétiques. Dans ce contexte, le groupe industriel émirati Mark cables a annoncé la construction d’une centrale thermique de 200MW pour aider à palier le déficit du pays.
De quoi donner de l’espoir dans les rues de Ouagadougou. « Peut-être ça va nous soulager, ça va réduire un peu la durée des délestages » estime un habitant de la capitale.
« Je pense que ça peut nous soulager, ça peut appuyer nos installations, pourquoi pas terminer avec les délestages » estime un autre.
« La venue de cette société est à saluer » pense un autre résident qui dit attendre « qu’elle vienne vite ».
D’un coût de 180 millions d’euros ce projet est qualifié de « hautement structurant » et pouvant « passer rapidement du concept à l’exécution », selon Mahmoud Nasr, le directeur exécutif de Mark Cables.
La société basée aux Emirats Arabes Unis annonce que « la phase de développement du projet a été bouclée en six mois ».
Entre espoir et attentes, les Burkinabè guettent la concrétisation de cette promesse. Dans une vidéo promotionnelle diffusée récemment, la Sonabel annonce d’importants projets estimé à près de 3,7 milliards de dollars américains dans les prochaines années pour accélérer l’électrification du Burkina Faso dont le taux de couverture était de 34%, selon les dernières statistiques.
Source: https://www.dw.com/fr

