Tibou Kamara à Makanera : “Quand un âne entre par la porte, la culture sort par la fenêtre”
Pauvre Makanera,
Le vacarme que vous produisez à longueur de journée n’est que l’écho assourdissant de votre ignorance encyclopédique. À vous écouter, on devine un combat perpétuel contre vos démons intérieurs, un naufrage humain dans un désert intellectuel sans limites. Ce n’est sans doute ni l’effet du temps, ni le handicap de l’âge, ni même le péché d’orgueil d’un physique ingrat. On ne vous connaît aucune aptitude avérée, sinon celle d’un griot médiocre qui garde la main tendue et la bouche ouverte.
Vous ne savez rien faire d’autre que vous offrir en « agneau sacrificiel » à tous les régimes qui se succèdent. Vous aspirez à être le mouton par excellence, docile à tout chef d’État, sans même qu’il n’en fasse la demande.
Vous êtes un mendiant qui, dès le berceau, semble condamné à l’errance du désœuvrement et à l’infamie de la servilité. Vous attendez désespérément l’obole, les mains vides et le ventre creux. Pour vous, la fin justifie les moyens. Les mains qui vous ont tant donné sont désormais lasses. Quand donc vous résoudrez-vous à gagner votre pain par vous-même, sans avoir besoin de vous donner en spectacle, sans souiller l’honneur des vôtres, n’en ayant plus vous-même à cause de vos turpitudes ?
Je ne suis pas, quant à moi, fâché avec la langue de Molière au point de la maltraiter en lançant, lors d’un débat public sur une chaîne web : « Laissez-moi la dire », à propos d’une interlocutrice. Il est vrai qu’avec une certaine intelligence… artificielle, on peut être à l’abri de certaines coquilles, tel un accent aigu oublié, sans pour autant s’empêcher d’inventer des fautes là où il n’y en a pas.
Loin d’être une erreur, encore moins une faute, employer « dans lequel » après un point final est une construction grammaticalement irréprochable et stylistiquement élégante, validée par le français moderne. Cette reprise anaphorique crée une phrase indépendante et fluide, fréquente dans le journalisme et l’essai. Grevisse (Le Bon Usage) consacre d’ailleurs les relatifs composés comme outils de liaison raffinée. Exemple : « J’ai lu votre immonde saillie. Dans laquelle vous étalez une inculture crasse. »
Comme tous les tonneaux vides, vous persistez à confondre allègrement pertinence des arguments et dérive verbale, joutes intellectuelles et vulgaires pugilats. Le silence coupable de beaucoup de nos compatriotes a trop longtemps fait le lit de vos outrages et de vos outrances. Vous n’aurez pas avec moi le brevet d’impunité que d’autres vous ont complaisamment concédé. Et je ne m’excuserai pas d’avoir fourni l’effort de courtiser le savoir.
Je vous rappelle, à ce propos, une pensée connue, pour épargner à votre esprit paresseux l’effort d’un apprentissage dans des lieux qui vous sont étrangers, comme les bibliothèques : « On appelle cultivé un esprit où l’on a semé l’esprit des autres. » Seules l’humilité et la soif de savoir nous conduisent à apprendre des autres. Personne n’a la science infuse. Citer à propos des auteurs pertinents renforce la crédibilité d’un argument en s’appuyant sur des idées reconnues. Il est vrai qu’en s’adressant à un cuistre, cela revient à donner de la confiture à un cochon.
Votre reconversion tardive et incongrue à l’écriture, chacun aura remarqué qu’elle est « robotisée », voire empruntée, rappelle le combat de Don Quichotte contre des moulins à vent. Une impasse.
Quant au style, il « définit l’homme », sans limites ni frontières, dans l’océan de la langue française, ouverte à la créativité et à l’innovation. Cette langue d’élégance, de beauté et d’originalité, dont seuls les initiés, dont vous ne faites assurément pas partie, peuvent en saisir la plénitude.
Alors, courage et persévérance dans votre suicide intellectuel et votre bêtise légendaire !
Tibou Kamara
Source: https://www.visionguinee.info/
Sur le même sujet, lire: https://guinafnews.org/lettre-a-tibou-kamara-limposture-du-general-sans-brevet-par-alhoussein-makanera/
