Ils ont encore assassiné un Kadhafi!
Le sort continue de s’acharner sur les Kadhafi! Après le père Mouammar, 69 ans, assassiné à Syrte le 20 octobre 2011, comme un vulgaire bandit, c’est au tour du fils cadet, Saïf al-Islam, de se faire tuer, à son domicile de Zintan, dans l’ouest de la Libye.
C’est comme une traînée de poudre que la mort, de celui qui était présenté comme le dauphin putatif du «guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste», a circulé cette nuit de mardi 3 février, dans les médias et sur les réseaux sociaux. 53 ans, Saïf qui a filé entre les doigts de la Cour pénale internationale (CPI) qui le recherchait pour crimes contre l’humanité, parce que son pays a affiché sa volonté de le juger sur place, n’a pas pu échapper à ce commando de quatre hommes qui l’aurait envoyé ad patres, alors qu’il se trouvait seul chez lui.
Si les causes et les conditions du meurtre restent encore floues, voire opaques, il n’en demeure pas moins que le crime semble avoir été bien préparé, les présumés assassins ayant pris le soin de surprendre leur cible alors qu’elle se trouvait seule, sans protection et de mettre hors fonction, toutes les caméras de surveillance.
Qui a bien pu tuer Saïf al-Islam? L’hypothèse politique n’est pas à écarter, le fils Kadhafi, après avoir été candidat, et même favori, à la présidentielle libyenne de 2021, élection qui n’a jamais eu lieu, gardant intactes ses ambitions alors que le pays, notoirement instable et subissant une partition notoire, est aux mains de deux administrations opposées. Si à l’Ouest, le Gouvernement d’unité nationale (GUN) du Premier ministre Abdelhamid Dbeibah fait office de dirigeant officiellement reconnu par la communauté internationale, à l’Est, le maréchal Khalifa Haftar et son Gouvernement de stabilité nationale (GSN) avec à sa tête Oussama Hammad, fait la loi. Quelqu’un parmi les deux dirigeants a-t-il succombé à la tentation d’éliminer un potentiel concurrent?
De même, les ramifications de cet assassinat pourraient également être internationales, Saïf étant vu comme une boîte noire du régime Kadhafi et qui pourrait détenir bien de secrets sur les «grands» de ce monde, à l’instar de l’affaire du financement de l’élection de Nicolas Sarkozy qui n’a peut-être pas fini de faire des vagues. C’est peut-être dans cette logique que le cousin du mort, Hamid Kadhafi, a affirmé que «le docteur Saïf al-Islam est tombé en martyr».
A moins que, l’assassinat du fils du «Guide», condamné à mort en 2015, puis amnistié par la suite, ne soit, piste peu plausible, qu’un simple crime crapuleux, la Libye, depuis son bombardement, en mars 2011, par les alliés Etats-Unis, Royaume-Uni et France, sous le couvert de l’OTAN, étant devenu un presque no man’s land où tous les types de trafics, humains et d’armes par exemple, ont cours, dans une impunité totale. En tout cas, le sort s’est acharné sur le clan Kadhafi qui est passé, sans escale au purgatoire, du paradis à l’enfer!
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