Denis Sassou Nguesso, l’éternel président face au temps

Malgré le poids des années, Denis Sassou Nguesso défie une nouvelle fois le temps et ses détracteurs, en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle du 15 mars 2026. Une formalité pour un chef d’État qui règne, presque sans discontinuité, sur la République du Congo depuis plus de quatre décennies.
Dans ce pays riche en pétrole, mais plombé par la pauvreté et les restrictions des libertés politiques, ce scrutin pourrait offrir au président un ultime mandat de cinq ans, grâce à une Constitution qu’il a lui-même façonnée.
Ancien militaire, Denis Sassou Nguesso arrive une première fois au pouvoir en 1979, qu’il dirige jusqu’en 1992 sous le régime de parti unique. Battu lors des premières élections pluralistes par Pascal Lissouba, il revient sur le devant de la scène après la guerre civile de 1997, à la tête d’une rébellion qui chasse le président élu du pouvoir.
Depuis, il a consolidé son emprise sur l’État : élu en 2002, réélu en 2009, puis à nouveau en 2016 et 2021, à la faveur d’une réforme constitutionnelle adoptée en 2015. Ce changement a supprimé la limite d’âge fixée à 70 ans et porté à trois le nombre de mandats présidentiels possibles, ouvrant la voie à sa longévité politique.
Désigné dès décembre par le Parti congolais du travail (PCT) comme « candidat naturel », Denis Sassou Nguesso a officialisé, ce jeudi (05.02.2026), sa candidature lors d’un déplacement à Ignié, dans le sud du pays, en marge de l’ouverture d’une foire agricole.
Dans un pays où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, l’opposition conteste pourtant régulièrement la régularité des scrutins. Fragmentée et affaiblie, elle dispose de peu de leviers face à un parti présidentiel tout-puissant.
Plusieurs figures majeures de l’opposition, dont le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont toujours détenues après leur condamnation à vingt ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure », à la suite de l’élection présidentielle de 2016.
Les ONG et les organisations de la société civile dénoncent, de manière récurrente, des atteintes aux libertés publiques, des restrictions à l’expression politique et des pressions exercées sur les opposants.
Au-delà des critiques internes, le président Denis Sassou Nguesso est également rattrapé par des affaires judiciaires à l’étranger. Depuis 2007, sa famille est visée par une enquête de la justice française dans le cadre du dossier des « biens mal acquis ».
Les magistrats s’intéressent notamment à l’origine d’un important patrimoine immobilier et mobilier constitué en France, dont la valeur exacte reste difficile à établir.
Si ces procédures n’ont, à ce stade, pas abouti à une condamnation définitive du chef de l’État congolais, elles contribuent à ternir son image sur la scène internationale et alimentent les critiques sur la gestion des richesses du pays.

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