Mali: l’ex-Premier ministre Moussa Mara condamné en appel à deux ans de prison dont un ferme
Au Mali, peine confirmée pour l’ex-Premier ministre Moussa Mara. En détention depuis le 1ᵉʳ août, Moussa Mara avait été condamné, fin-octobre, à deux ans de prison dont un ferme, et à une amende de 500 000 francs CFA, pour « atteinte au crédit de l’État » et « opposition à l’autorité légitime ». En cause : un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel Moussa Mara déclarait vouloir se « battre par tous les moyens » pour que le « soleil » succède à « la nuit ». La Cour d’appel a rendu son délibéré ce lundi matin, et ne s’est pas montrée moins sévère.
« C’est de la déraison, de l’acharnement gratuit », réagit à chaud l’un des avocats de l’ex-Premier ministre du Mali Moussa Mara, qui précise d’emblée : « Il reste une voie de recours possible : nous allons nous pourvoir en cassation. »
Le collectif des avocats de Moussa Mara, conduit par Maître Mountaga Tall, estime qu’aucun élément ne vient étayer la commission d’aucun délit, et considère cette décision de justice comme une atteinte à la liberté d’expression.
Impassible
Déjà emprisonné depuis plus de six mois, Moussa Mara devra donc encore en passer autant derrière les barreaux. À l’annonce du délibéré, selon des témoins présents dans la salle, l’ancien Premier ministre est resté impassible. « C’est le contraire qui l’aurait étonné », explique un camarade de son parti Yelema, aujourd’hui dissous, comme toutes les organisations politiques du pays. « Il demeure serein et souhaite que le combat pour les libertés se poursuive », assure encore cette source.
« Il n’y a aucune surprise, abonde un autre proche de Moussa Mara, c’est un dossier politique ». Ce proche de l’ancien Premier ministre, désabusée et en colère, conclut : « La justice malienne se ridiculise encore davantage aux yeux du monde. »
David Baché

