« Transformés en objets sexuels »: ce que l’on sait du réseau pédocriminel démantelé entre la France et le Sénégal
Quatorze personnes ont été arrêtées et présentées à un juge à Dakar, a annoncé ce dimanche 8 février la police sénégalaise. Accusées notamment de “pédophilie” et “viol commis sur mineurs de moins de 15 ans”, elles auraient opéré pour le compte d’un Français, mis en examen et placé en détention provisoire dans cette affaire.
“Un coup de filet majeur”, selon la police nationale sénégalaise. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, ce dimanche 8 février, la police fait état du démantèlement par la Division des investigations criminelles (DIC) d’“un groupe criminel organisé à caractère transnational dont les membres sont notamment entre la France et le Sénégal”.
Les quatorze mis en cause, tous de nationalité sénégalaise, sont accusés de « pédophilie en bande organisée, proxénétisme, viol commis sur mineurs de moins de 15 ans, actes contre nature, transmission volontaire du VIH-Sida », poursuit la police.
Un Français présenté comme le commanditaire
Ce groupe, actif depuis 2017 selon la police, est soupçonné d’avoir « transformé en objets sexuels » de jeunes garçons contraints d’avoir des « rapports sexuels non protégés et filmés » avec des hommes « pour la plupart séropositifs », selon le communiqué.

Les personnes mises en cause dans cette affaire proviennent de divers milieux professionnels, incluant un ingénieur au cadastre, un tailleur et un conducteur de moto, comme le rapporte le journal sénégalais Le Soleil.
Selon RFI, l’enquête a été ouverte au Sénégal à la suite d’une commission rogatoire internationale, délivrée par la justice française après l’arrestation à Beauvais, dans le nord de la France, en avril 2025 du Français Pierre Robert, pour « pédopornographie », permettant ainsi de mettre à jour un vaste réseau de ramifications. Lors de son interpellation, les autorités françaises ont saisi 50.000 fichiers pédopornographiques sur son ordinateur, selon le journal Le Parisien. Les investigations ont révélé que quatre des suspects sénégalais collaboraient avec cet homme.
Ces derniers sont notamment accusés d’avoir agi « sur instruction » de Pierre Robert, qui leur demandait de recruter de jeunes garçons, de les initier à des pratiques sexuelles et de filmer les actes, avant de lui transmettre les images, en « contrepartie de transferts de sommes d’argent ».
“Saisie par le biais d’une commission rogatoire internationale, après l’interpellation en France de Pierre Robert, [aujourd’hui] âgé de 73 ans, qui détenait des vidéos pornographiques mettant en scène de jeunes Sénégalais, la Division des investigations criminelles (DIC, relevant de la police judiciaire) a ratissé large”, écrit le journal gouvernemental sénégalais Le Soleil, dans sa version papier.
À ce jour, la police sénégalaise poursuit son enquête pour identifier d’éventuels autres complices. Selon RFI, les personnes concernées par la procédure judiciaire ouverte en France pourraient faire l’objet d’une demande d’extradition.
