IPC 2025 : la Guinée parmi les 40 pays les plus corrompus du monde
La corruption continue de fragiliser les institutions publiques dans le monde, et la Guinée reste une illustration préoccupante de ce phénomène. Avec un score de 26 sur 100, le pays figure parmi les 40 nations les plus corrompues du globe, selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 publié par Transparency International.
Par rapport à 2024, la Guinée perd 2 points et passe de la 133ᵉ à la 142ᵉ place sur 182 pays, signalant un recul préoccupant. Cette situation contraste avec les slogans officiels du régime de Mamadi Doumbouya, qui avaient placé la justice comme boussole de la gouvernance et promis une lutte ferme contre la corruption. Si des initiatives ont été engagées notamment à travers la Cour des infractions économiques et financières, pour renforcer les contrôles et la transparence, l’indice montre que les résultats restent insuffisants pour inverser la tendance.
En Afrique de l’Ouest, seuls quelques pays affichent une performance relative : Sénégal : 46, Bénin : 45, Côte d’Ivoire et Ghana : 43 et Burkina Faso : 40.
Aux côtés de la Guinée, les plus faibles scores reviennent au Liberia (28), Mali (28), Niger (31) et Nigeria (26).
Avec un score moyen régional de 32 sur 100, l’Afrique subsaharienne est la zone la moins performante au monde. Sur 49 pays, seulement quatre dépassent 50 points : Seychelles (68), Cap-Vert (62), Botswana (58) et Rwanda (58). Dix pays ont vu leur score se détériorer depuis 2012, contre sept seulement qui ont progressé.
À l’échelle mondiale, le score moyen descend à 42 sur 100, le plus bas depuis plus d’une décennie. Plus des deux tiers des pays (122 sur 180) obtiennent moins de 50 points. Les meilleurs scores reviennent au Danemark (89), à la Finlande (88) et à Singapour (84), tandis que des nations instables comme le Soudan du Sud (9) et la Somalie (9) ferment la marche.
Même des démocraties établies, comme les États-Unis (64), le Canada (75) ou la Nouvelle-Zélande (81), voient la corruption progresser, aggravée par des restrictions aux libertés et un affaiblissement des mécanismes de contrôle.
L’indice de perception de la corruption (IPC) est le classement mondial de la corruption le plus utilisé. Il mesure le niveau de corruption perçu dans le secteur public de chaque pays, selon les experts et les acteurs du monde des affaires.
Le score de chaque pays est une combinaison d’au moins trois sources de données issues de treize enquêtes et évaluations différentes sur la corruption. Ces données sont collectées par diverses institutions reconnues, dont la Banque mondiale et le Forum économique mondial.
Le score d’un pays correspond au niveau perçu de corruption dans le secteur public sur une échelle de 0 à 100, où 0 signifie très corrompu et 100 signifie très intègre.
Le rang d’un pays correspond à sa position par rapport aux autres pays de l’indice. Ce rang peut changer simplement si le nombre de pays inclus dans l’indice varie.
PAbdoul Malick DIALLO

