Dont acte et au revoir !
Ce lundi 2 mars, nous sommes à 84 jours exactement du double scrutin législatif et communal du 24 mai 2026. La scène politique nationale semble aujourd’hui exsangue.
À l’heure où les derniers soubresauts de la Quatrième République se mêlent aux architectures encore floues de la Cinquième, notre paysage politique semble figé dans une attente crépusculaire.
Les ténors d’hier, jadis maîtres des 245 857 km carrés, brillent par leur absence. Dans ce vide sidéral, Rafiou Sow, leader du PRP, apparaît comme le « dernier des Mohicans ». Il fait sien ce proverbe qui enseigne que «si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens».
Pour l’opposition, la véritable, l’accès à la félicité électorale s’apparente désormais à une traversée du désert dans un labyrinthe de procédures, où le moindre faux pas administratif rime avec l’oubli. Alors, Rafiou Sow multiplie les pieds et les mains. Il plaide pour la survie de sa formation. Son combat est celui du sel dans la sauce. Sans lui, le débat démocratique perd sa saveur nationale.
Pourtant, le couperet de la non-conformité administrative menace. Si le PRP tombe, c’est tout un pan de la contradiction politique qui s’écroule, broyé par la rigueur des textes.
Ce plaidoyer, teinté de patriotisme républicain, interpelle. Le ministère de l’Administration du territoire, garant de la légalité des partis, saura-t-il faire preuve d’ouverture ? Là est la question. Et cette question demeure en suspens, car en politique, « la langue qui flatte est souvent celle qui trahit.» J’ai dit.
De l’autre côté de l’échiquier, chez les bâtisseurs de la victoire du président Doumbouya, l’heure est aux grandes manœuvres. Le futur congrès de l’UDRG, piloté par Bah Oury, suscite déjà de vifs remous. La menace d’une dissolution plane, mais l’enjeu est ailleurs.
Chez le voisin du FND, le départ du virevoltant Makanéra Kaké n’a pas fait trembler l’édifice. Le temple est gardé. Un ticket de rechange se prépare déjà pour les joutes futures. Les stratèges savent que « celui qui veut du miel doit avoir le courage d’affronter les abeilles. » Qu’on s’en émeuve ou qu’on s’en félicite !
Signe des temps, sous nos yeux, une nouvelle géographie politique se dessine, balayant les certitudes d’hier. Le jeu politique change de peau.
La marche vers la Cinquième République s’accélère. La tempête persiste sur les rares formations encore debout. Le rendez-vous du dimanche 24 mai approche à grands pas. Le calendrier presse, les cœurs s’impatientent.
Parallèlement, la diplomatie du bon voisinage s’est activée pour dénouer l’imbroglio des seize agents sierra-léonais interpellés à Faranah. Reste désormais à régler le cas épineux de Yenga. Car, comme le disent les sages, «deux voisins qui s’entendent transforment une pierre en or.»
Puisse cette sagesse inspirer nos acteurs politiques nationaux avant que le rideau ne tombe sur l’ancienne garde !
Par Alpha Abdoulaye Diallo, in Le Populaire du 2 mars 2026

