MORISSANDA KOUYATÉ FERAIT-IL AUTANT PEUR ? « ou est-ce la diplomatie guinéenne qui tremble ? »
Morissanda Kouyaté n’est pas un ministre ordinaire. Il est le visage extérieur de la Guinée, le porte-voix officiel de la République auprès des chancelleries, des organisations internationales, des partenaires stratégiques.
Il n’est pas simplement un acteur du débat politique interne, mais le chef de la diplomatie guinéenne. Celui qui parle au nom de l’État et qui engage l’image du pays. Et c’est précisément là que la question devient grave.
Hier, des altercations publiques avec le Général Sadiba Koulibali. Aujourd’hui, des échanges musclés avec Tibou Kamara. Et dans le sillage de ces confrontations verbales, des drames surgissent.
On ne juge pas, on constate et l’on interroge. Quel message cela envoie-t-il au monde ? Car la diplomatie n’est pas l’art de la menace mais celui de la maîtrise, du langage de la retenue. Elle est la science du dialogue même dans le désaccord.
Lorsque le chef de la diplomatie se retrouve au centre de polémiques dont l’onde de choc dépasse les mots pour frôler la tragédie, ce n’est plus seulement un débat interne. C’est un signal international que les ambassades lisent, les partenaires analysent et que les investisseurs interprètent.
Le message implicite devient alors inquiétant : En Guinée, contredire un haut responsable exposerait-il à plus qu’une réplique médiatique ? Les débats politiques seraient-ils suivis d’événements troublants ? La sphère privée deviendrait-elle un terrain de pression ?
Même si ce n’est pas l’intention, ou ce n’est pas prouvé, ou encore ce n’est pas organisé, la perception suffit à fissurer la crédibilité.
Et en diplomatie, la perception est une monnaie plus fragile que l’or. Un ministre des Affaires étrangères n’incarne pas la force brute. Il incarne la stabilité, la confiance, la sécurité juridique et institutionnelle d’un pays.
Si l’opinion commence à associer débats politiques et climat d’intimidation, c’est toute la parole diplomatique qui s’affaiblit. Car comment défendre l’image d’un État apaisé à l’extérieur si l’intérieur donne le spectacle d’une tension permanente ?
Morissanda Kouyaté ferait-il autant peur ? Ou bien est-ce l’image de la Guinée qui, peu à peu, se fragilise sous le poids des symboles ?
La vraie question n’est pas personnelle, mais institutionnelle. Le chef de la diplomatie doit rassurer, apaiser et protéger la crédibilité du drapeau qu’il représente. Car lorsqu’un ministre de la diplomatie parle, ce n’est pas seulement sa voix qu’on entend, c’est la République tout entière.
Et une République ne peut pas se permettre d’avoir une voix qui inquiète.
Alpha Issagha Diallo
Veilleur des équilibres républicains
