Le rapatriement des Guinéens d’Allemagne, un acte déshumanisant
Le récent rapatriement de nos compatriotes guinéens depuis l’Europe constitue une grave atteinte à l’honneur et à la dignité de ces femmes et de ces hommes, dont la majorité a traversé l’enfer du désert et affronté les vagues dévorantes de la mer Méditerranée.
Je dénonce l’existence d’un tel accord, humiliant et irresponsable, alors que des milliers de nos compatriotes jeunes et femmes vivent dans la misère et la pauvreté. D’autres continuent, au péril de leur vie, de tenter leur chance pour rejoindre l’Europe de manière irrégulière.
Depuis la nuit des temps, l’être humain est en quête de bien-être. Historiquement, en 1884, sous l’autorité du chancelier Otto von Bismarck, l’Allemagne réunit les puissances coloniales européennes lors de la conférence de Berlin pour se partager l’Afrique comme un gâteau. Cet événement est à l’origine des tracés artificiels de nos frontières.
Après plus de quatre siècles d’esclavagisme, dans le cadre du commerce triangulaire, des millions d’Africains furent vendus comme des objets et déportés à travers le monde, notamment aux États-Unis, pour travailler dans les plantations, laissant derrière eux un bilan humain monstrueux.
Au lieu d’accords de rapatriement, nous devrions exiger des réparations face à ces crimes graves contre l’humanité. J’appelle les autorités guinéennes à réclamer des réparations morales et matérielles pour les victimes et à mettre fin à cet accord honteux.
Si aujourd’hui la majorité de notre jeunesse risque sa vie pour atteindre cet Eldorado, c’est en raison du sous-développement de notre pays. Nous devons nous poser une question essentielle : pourquoi l’inverse ne se produit-il pas ?
Je demande officiellement la démission du ministre des Affaires étrangères guinéen, Mory Doumbouya (vérifier l’orthographe et l’identité exacte selon votre intention), car ce rapatriement massif est, selon moi, la conséquence directe de ses déclarations successives. D’abord à Bruxelles, au siège de la représentation diplomatique de l’Union européenne, où il aurait affirmé :
« C’est une bonne chose de rapatrier les Guinéens, car le pays est en plein chantier et nous avons besoin de main-d’œuvre. »
Puis devant cette même représentation, en déclarant que « 99 % des Guinéens ne veulent pas aller en Europe ».
Je salue également la solidarité de nos compatriotes face à cette vague d’injustice. Si cette unité se poursuivait dans d’autres domaines, nous serions aujourd’hui plus avancés dans nos aspirations à un véritable changement.
Signé : Honorable Youssouf Camara

Source: https://www.guineefutur.info/
