Contre La sansure

Plainte de Pretoria contre Israël pour génocide à Ghaza, devant la CIJ : Les États-Unis, la Hongrie et les Fidji viennent à la rescousse de l’État hébreu

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Après avoir sanctionné neuf juges et des fonctionnaires de la Cour pénale internationale (CPI) pour avoir poursuivi et émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour des crimes de guerre et contre l’humanité en Palestine, les Etats-Unis se constituent auprès de la Cour international de justice (CIJ) pour prendre partie de son allié israélien, dans l’affaire de génocide à Ghaza, intentée contre lui par l’Afrique du Sud.

Dans leur requête, les Etats-Unis affirment «avec la plus grande fermeté» que «les allégations de  »génocide » portées contre Israël sont fausses et elles ne sont malheureusement pas nouvelles».

Les Etats-Unis accusent les «les instances internationales» d’avoir été «instrumentalisées pour porter de fausses accusations de  »génocide » contre l’etat d’Israël depuis au moins mai 1976, dans le cadre d’une campagne plus vaste (incluant la résolution 3379 de l’Assemblée générale des Nations Unies) visant à délégitimer l’etat d’Israël et le peuple juif et à justifier ou encourager le terrorisme à leur encontre. Malheureusement, cette campagne se poursuit».

Dans leur demande déposée devant la CIJ, les Etats-Unis affirment que «la qualification de génocide exige une intention spécifique de commettre le crime», de ce fait, ils mettent en garde la Cour contre tout «abaissement du seuil». Selon eux, «les pertes civiles, même importantes, ne constituent pas nécessairement une preuve d’intention génocidaire, surtout lorsqu’elles surviennent dans le contexte d’un conflit armé impliquant des combats urbains».

Ils soulignent que «le droit des conflits armés reconnaît non seulement la possibilité de dommages causés aux civils, mais l’autorise dès lors que les principes pertinents de discrimination et de proportionnalité sont respectés». Dans la demande d’intervention, signée Reed Rubeinstein, conseiller juridique au Département d’Etat représentant les Etats-Unis, ce dernier averti qu’une décision «défavorable» à Israël constituerait un «rejet radical» du précédent de la Cour. Une telle décision, met-il en garde, «alimenterait l’impression que le tribunal n’est qu’un outil de plus dans la campagne de guerre juridique pro-Hamas en cours» contre Israël, rapporte AP (Associated Press), l’agence de presse américaine.

En clair, Washington se place en défenseur d’Israël dans sa guerre génocidaire à Ghaza, qui se poursuit à ce jour, malgré un cessez le feu entré en vigueur depuis plus de trois mois, durant lequel plus de 600 Ghazaouis ont été tués et près de 2000 autres blessés. Le même narratif est utilisé par la Hongrie et les Iles Fidji pour étayer leurs demandes d’intervention, déposées (le même jour que les Etats-Unis) devant la CIJ, pour se joindre aux Américains et défendre les positions israéliennes, alors qu’au moins 16 pays appuient la plainte de l’Afrique du Sud. Parmi eux, le Brésil, le Chili, la Libye, l’Irlande, la Belgique, la Bolivie, la Colombie, la Libye, la Palestine, l’Espagne, le Mexique, la Turquie, Cuba, Namibie et plus récemment l’Islande et les Pays-Bas, mais aussi des organisations, comme la Ligue arabe, l’Organisation de coopération islamique ou encore l’Union africaine.

Les démocrates US exigent des poursuites contre les assassins de Hind Rajab

Le soutien des Etats-Unis, de la Hongrie et des Iles Fidji est vite salué par le ministère israélien des Affaires étrangères qui, dans un communiqué, remercie les trois pays d’avoir «choisi de soutenir» Israël devant la juridiction internationale. «L’Etat d’Israël apprécie profondément le soutien de ses amis qui se tiennent aux côtés de la vérité et de la justice historique», lit-on dans le communiqué, qui souligne en particulier le soutien «ferme et constant» des Etats-Unis dans les différentes arènes internationales.

En décembre 2023, l’Afrique du Sud avait engagé une procédure contre Israël devant la CIJ, l’accusant de commettre un génocide à Ghaza, et demandé des mesures conservatoires urgentes pour protéger les palestiniens de Ghaza. Fin janvier 2024, et sans statuer sur le fond de l’affaire, la CIJ a rendu plusieurs ordonnances conservatoires juridiquement contraignantes, exigeant de l’Etat hébreu de «prévenir» tout acte de génocide, tout en mettant en garde contre un «risque réel et imminent» de «préjudice irréparable» pour les Palestiniens.

Elle exige d’Israël d’ouvrir l’accès à l’aide humanitaire et de prévenir et de punir l’incitation au génocide. Israël et les Etats-Unis ont rejeté toutes les accusations et les décisions de la juridiction. Ils accusent le Hamas «de mener des combats dans les zones urbaines et d’utiliser des civils comme boucliers humains».

Mais sur le terrain, l’armée israélienne poursuit sa guerre génocidaire, qui cible principalement la population civile, soumisse aux déplacements forcés et à la famine, après la décision israélienne d’interdire l’accès à l’aide humanitaire et d’imposé ainsi un blocus terrifiant, provoquant ainsi une famine systématique dans l’enclave.

Pendant ce temps, les attaques contre les journalistes, les médecins et les humanitaires sont quotidiennes, tout comme celles des enfants et des femmes, qui constituent la majorité des plus de 73 000 Palestiniens tués depuis le 7 octobre dernier.

Jeudi dernier, faut-il le souligner, des élus démocrates des deux Chambres du Congrès ont présenté un projet de loi exigeant que «le gouvernement américain enquête et tienne pour responsables les auteurs du meurtre, en janvier 2024, de la Palestinienne Hind Rajab, âgée de cinq ans, de sa famille et des ambulanciers envoyés pour les secourir», un des actes qui a bouleversé le monde entier et qui met la lumière sur la violence contre les civils à Ghaza.

Une fondation qui porte le nom de cette petite fille, dont le corps a été transpercé par plus de 350 balles, a vu le jour, et depuis 2025, elle traque les criminels de guerre israéliens à travers le monde et les poursuit devant les tribunaux, devenant ainsi le cauchemar des soldats et officiers israéliens qui voyagent à l’étranger.

Source: https://elwatan.dz/

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