La candidature de Macky Sall à l’Onu ne passe toujours pas
Un bilan peu reluisant
Le bilan de Macky Sall en matière de droits humains et de démocratie doit être connu par les Etats membres des Nations Unies, explique le directeur exécutif de la section sénégalaise d’Amnesty International, Seydi Gassama. Celui-ci rappelle que la mission d’Amnesty international n’est pas de se substituer aux victimes mais plutôt de les soutenir et de les accompagner dans leur lutte contre l’impunité :
« Tout prétendant au trône ou au poste de secrétaire général des Nations-Unies doit avoir un bilan irréprochable en matière des droits humains de sorte qu’il soit en mesure de promouvoir et de protéger ces droits humains auprès des Etas membres de l’organisation. Mais si son bilan est catastrophique, nous ne voyons pas comment il peut être crédible pour défendre les droits humains auprès d’autres chefs d’Etat notamment africains qui connaissent bien son bilan, et qui aujourd’hui commettent également de graves violations des droits humains. »
Un poste échappatoire ?
La candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire Général de l’ONU est aussi perçue par l’Association pour la Protection des Droits Humains, non seulement comme une insulte aux victimes de son régime mais également comme une tentative de se soustraire à la justice pénale internationale. Mbaye Cissé est le président de l’APDH, organisation de la société civile sénégalaise qui œuvre pour la protection et la promotion des droits et de la dignité humaine :
« Je pense qu’il est en train de chercher des refuges par rapport à son immunité. Il n’y aucune immunité par rapport au droit international ou aucune immunité par rapport au droit interne précisément à la charte fondamentale de l’Etat notamment la constitution qui peut le protéger. Donc sa candidature ne doit même pas être examinée par l’Assemblée générale des Nations-Unies. »
Le 1er avril dernier, l’APDH avait déjà saisi le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme pour s’opposer à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire Général de l’ONU. Mbaye Cissé rappelle que de graves violations des droits humains, ont été commises au Sénégal entre 2021 et 2024 avec plus de 80 personnes tuées parmi lesquelles des mineurs mais aussi des milliers de blessés, des personnes contraintes à l’exil ou torturées et plus de 2.000 opposants arbitrairement jetés en prison.
Robert Adé Correspondant au Sénégal pour le programme francophone de la Deutsche Welle

