Contre La sansure

Frontière Sénégal–Gambie : des dizaines de Guinéennes et leurs enfants bloqués à Karang dans “des conditions précaires”

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La situation devient de plus en plus préoccupante à la frontière entre le Sénégal et la Gambie, précisément au niveau de Karang, où plusieurs femmes guinéennes et leurs enfants se retrouvent bloqués après une tentative de passage vers la Gambie, dans l’espoir de poursuivre leur route vers l’Europe.

Informée, notre rédaction est entrée en contact avec quelques Guinéens exerçant le commerce dans la zone. Selon plusieurs témoignages recueillis, ces femmes ont été interceptées par la police migratoire gambienne alors qu’elles tentaient de traverser la frontière. Refoulées vers le poste frontalier, elles n’ont pas pu être admises sur le territoire sénégalais, faute de documents prouvant leur provenance directe du Sénégal.

Joint par téléphone, Aboubacar Diallo, un Guinéen vivant et travaillant à la frontière, décrit une situation alarmante :

« Vous savez, moi je suis à la frontière ici, c’est ici que je travaille. Il y a des Guinéens qui quittent le Sénégal pour aller en Gambie. Mais arrivés ici, beaucoup rencontrent des problèmes. Certains veulent entrer en Gambie, on les laisse passer, puis on les rapatrie encore. On les ramène ici. S’ils arrivent à franchir la frontière et à entrer en Gambie, c’est souvent pour aller en Espagne. Mais très souvent, on les renvoie encore ici », explique-t-il.

Concernant le groupe actuellement bloqué, il affirme qu’il s’agit d’un nombre important de femmes accompagnées d’enfants :

« Elles sont une trentaine de femmes et d’enfants qui sont là. Elles ne sont pas détenues dans une prison, elles dorment dehors », précise-t-il.

Si elles ne sont pas incarcérées, leurs conditions de vie restent extrêmement difficiles :

« Elles ne sont pas en prison, mais elles ont été refoulées et laissées ici. Pour le moment, elles n’ont rien à manger. Certaines se sont même fait prendre leurs papiers d’identité. Elles sont dans la rue, sans endroit où rester. On leur a pris leurs documents de nationalité », déplore Aboubacar Diallo.

Selon lui, ce type de situation n’est malheureusement pas nouveau à cette frontière :

« Ici, ça se passe souvent comme ça. Ce n’est pas la première fois que cela arrive », affirme-t-il.

Il assure également qu’il s’agit bien de ressortissantes guinéennes :

« Oui, ce sont des Guinéennes. Il y a beaucoup de Guinéens ici, on se connaît bien. Elles sont toutes guinéennes », insiste-t-il.

Le principal obstacle à leur retour reste le manque de moyens financiers :

« C’est le manque d’argent qui les empêche de retourner. À la sortie du Sénégal, on leur demande de payer 5 000 francs CFA. Si elles paient encore pour rentrer en Gambie, là aussi on leur demande de l’argent. Si tu n’as pas de quoi payer, on ne te laisse pas entrer », explique-t-il.

Face à cette situation, les Guinéens vivant dans la zone disent se sentir impuissants :

« Nous n’avons pas cette force pour dénoncer, parce que nous-mêmes, nous sommes là illégalement. On a peur qu’on nous expulse aussi. Sinon, ces gens souffrent énormément. Ils ne mangent pas, ils n’ont pas d’argent, rien. Ici, en Gambie, on ne laisse pas facilement les Guinéens entrer. On souffre tellement parce qu’on n’a pas de droits », confie-t-il.

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