À son investiture, Wadagni tend la main à l’AES
Le nouveau président béninois a profité de son discours d’investiture pour relancer l’appel au dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel ( AES), dans un contexte encore marqué par les tensions diplomatiques entre Cotonou et Niamey.
Le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, a appelé dimanche à un renforcement de la coopération avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), lors de son discours d’investiture prononcé à Cotonou, dans un contexte régional marqué par des tensions diplomatiques persistantes.
« Dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble », a déclaré le successeur de Patrice Talon, en saluant la présence de délégations venues des pays voisins.
La délégation malienne était conduite par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, celle du Burkina Faso par le chef de la diplomatie Karamoko Jean-Marie Traoré, tandis que le Niger était représenté par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine.
Le chef de l’État béninois a réaffirmé « la disponibilité du Bénin à agir de concert » avec les pays de la sous-région pour lutter contre le terrorisme et promouvoir une coopération fondée sur « la stabilité, le dialogue et le respect ».
Ce message visait notamment les États de l’AES, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, dont des représentants ont assisté à la cérémonie d’investiture.
Les propos de M. Wadagni interviennent après plusieurs mois de tensions entre le Bénin et le Niger, déclenchées à la suite du coup d’État militaire de juillet 2023 à Niamey contre le président renversé Mohamed Bazoum.
Les autorités nigériennes avaient accusé le Bénin d’abriter des bases militaires étrangères destinées à déstabiliser le Niger, des accusations rejetées par Cotonou. La fermeture prolongée de la frontière nigéro-béninoise avait également perturbé les échanges économiques, notamment le transit du pétrole nigérien via le port de Cotonou.
Dans ce climat de crispation, les pays de l’AES avaient déjà été conviés par les autorités béninoises aux célébrations du 65e anniversaire de l’indépendance du Bénin, en juillet 2025, mais avaient décliné l’invitation, illustrant alors la froideur des relations entre Cotonou et les régimes sahéliens.
En renouvelant dimanche son appel au dialogue régional, Romuald Wadagni semble vouloir amorcer une nouvelle séquence diplomatique avec les États sahéliens.
« Ensemble, nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique », a-t-il soutenu, plaidant pour une coopération africaine renforcée face aux défis sécuritaires et économiques du continent.
Si le Bénin reste moins touché par les violences jihadistes que les trois pays de l’AES, le nord du pays est néanmoins confronté depuis plusieurs années à des attaques attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, organisation affiliée à Al-Qaïda.
AC/Sf/APA

