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Le 28 mai en Afrique : entre purges, crises et mémoires

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Le 28 mai renvoie à plusieurs séquences marquantes de l’histoire politique africaine contemporaine, entre répression postindépendance en Angola, contestations électorales en Éthiopie, crise institutionnelle au Burundi et montée des combats internationaux pour les droits humains sur le continent.

Le 28 mai occupe une place particulière dans les chronologies politiques africaines à travers plusieurs événements liés aux violences d’État, aux crises électorales, aux transitions politiques et aux débats sur les droits humains en Afrique contemporaine.

En Angola, le 28 mai 1977 marque le début visible des arrestations massives et des purges qui suivent l’échec de la tentative de soulèvement menée la veille par les partisans de Nito Alves contre la direction du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1975.

Après la reprise du contrôle de Luanda par les forces loyalistes soutenues par les troupes cubaines présentes dans le pays, le président Agostinho Neto engage une vaste répression contre les personnes accusées de « fractionnisme ». Des milliers d’Angolais sont arrêtés, exécutés ou portés disparus dans les mois suivants.

Amnesty International évoque au moins 30 000 morts, tandis que certaines estimations non officielles avancent des chiffres plus élevés. Pendant plusieurs décennies, le sujet demeure largement absent du récit officiel angolais et reste désigné dans la mémoire collective sous l’expression « o 27 de Maio ».

Le 28 mai 2010 correspond également à une séquence politique sensible en Éthiopie. Après les élections législatives organisées quelques jours plus tôt, l’opposition conteste officiellement les résultats annoncés par les autorités et accuse le pouvoir du Premier ministre Meles Zenawi d’irrégularités et d’intimidations politiques.

Le scrutin débouche sur une victoire écrasante du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), coalition au pouvoir depuis la chute du régime du Derg en 1991. Les tensions postélectorales alimentent alors les débats internationaux sur la gouvernance politique et les libertés publiques dans la Corne de l’Afrique.

Dans la région des Grands Lacs, le 28 mai 2015 s’inscrit au cœur de la crise politique burundaise provoquée par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé.
Malgré l’échec d’une tentative de coup d’État quelques jours auparavant, les manifestations, arrestations et violences se poursuivent à Bujumbura et dans plusieurs régions du pays. La crise provoque progressivement des centaines de morts et l’exil de nombreux Burundais vers les pays voisins.

Le 28 mai renvoie également à l’histoire internationale des droits humains et à ses répercussions africaines. Le 28 mai 1961 paraît dans le journal britannique The Observer l’article de Peter Benenson qui conduit à la création d’Amnesty International.

Au cours des décennies suivantes, l’organisation joue un rôle important dans la dénonciation des violations des droits humains en Afrique, notamment sous l’apartheid sud-africain, dans les colonies portugaises ou sous plusieurs régimes militaires africains.

La date permet aussi de rappeler un fait rarement souligné dans les chronologies internationales : l’Afrique du Sud demeure le seul État africain — et l’un des rares au monde — à avoir volontairement démantelé un arsenal nucléaire militaire développé durant la période de l’apartheid.

Sf/APA

Source: https://fr.apanews.net/

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